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Les Prosperités du Crime : Trafic des Stupéfiants
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Les Prospérités du Crime

Trafic de Stupéfiants,
Blanchiment et Crises Financières
dans l’Après-Guerre Froide

Guilhem Fabre


Publié avec le concours du programme MOST de l'UNESCO

© Édition de l'Aube, 1999
ISBN 2-87678-463-7


Également disponible en anglais



Dans le cadre du projet " Les Transformations économiques et sociales liées au problème mondial des drogues ", MOST lance l’ouvrage " Les prospérités du crime : trafic de stupéfiants, blanchiment et crises financières dans l’Après-Guerre Froide ", écrit par Guilhem Fabre.

Depuis la fin du bipolarisme rigide qui a caractérisé la Guerre Froide, l’ordre mondial subit une série de mutations structurelles qu’on a caractérisé tantôt en termes de " crise ", de " transition ", de " turbulence " ou de " chaos ". Le désordre qui règne en réalité dans les rapports entre les différents acteurs de la scène mondiale pourrait être considéré comme la résultante d’une confrontation qui, actuellement, gouverne les forces de centralisation et celles de décentralisation du système international. Cette confrontation est caractérisée par les multiples réactions des acteurs étatiques face à la montée en flèche des intérêts économiques et sociaux.

Cette fin de décennie semble traversée de tendances fort complexes dans lesquelles se conjuguent et se confrontent des logiques et des niveaux de régulation très hétérogènes. En effet, dans les turbulences et les transformations que subit le monde aujourd’hui, les instances de régulation et de médiation ne sont pas nécessairement ajustées à chaque niveau d’intervention. L’une des difficultés provoquées par la géoéconomie et la géopolitique de la drogue à l’échelle planétaire est étroitement liée à l’inadéquation entre les instances de la régulation, locales, nationales et internationales et les niveaux - spatiaux et temporels - des activités économiques, sociales et politiques.

Les années 1980 ont été fortement marquées par l’essor des activités liées au trafic des drogues illicites. Durant cette période, la transformation, l’exportation et, dans une moindre mesure, la production et la distribution des drogues illicites ont été largement investies par de grandes organisations criminelles dont certaines ont pu jouer un rôle moteur dans le développement des marchés et contrôler de larges segments du trafic. Ces organisations sont désormais présentes dans toutes les grandes régions du monde, au Nord comme au Sud. Actuellement, le marché des drogues ne connaît ni nationalité ni frontières. Plus que jamais, il incarne les nouveaux désordres du monde de l’après Guerre Froide.

La problématique des drogues est l’un des facteurs d’un mouvement de recentrage des relations internationales - au même titre que les crises d’identité, les flux transnationaux (démographiques, culturels et économiques). Elle est devenue à côté des questions de l’environnement et des droits de l’homme un nouveau champ de bataille et de négociation de la scène internationale - et donc de la mondialisation.

Pour analyser le problème de la drogue - qui constitue un obstacle important au développement international - le programme MOST (voir renseignements annexe I) a généré un projet spécifique avec le soutien du PNUCID : "Transformations économiques et sociales liées au problème international de la drogue". Basé sur l’expérience de chercheurs en sciences sociales de différents pays, MOST a inclus dans son ordre-du-jour ce projet qui concerne directement l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie. En effet, dans le domaine des marchés des drogues, l’intervention publique a un rôle central à jouer dans la régulation des rapports entre l’offre et la demande. Une meilleure connaissance de ces mécanismes et de leur conséquences économiques et sociales est d’autant plus nécessaire qu’il s’agit d’un domaine pour l’essentiel occulte et peu exploré.

Un des facteurs dynamiques de ces transformations, selon les membres du réseau MOST sur ce thème et dont Guilhem Fabre est un des coordinateurs scientifiques, réside dans l’explosion des productions de toutes les drogues dans toutes les régions du monde. Prenons les cas de figure des cultures du cocaïer et du pavot. Les cultures de cocaïers concernent principalement la Bolivie, le Pérou et la Colombie, mais elles s’étendent aujourd’hui aussi en Equateur, au Brésil, au Venezuela, au Panama, en Guyane. Elles sont aussi signalées dans d’autres grandes régions du monde. Les laboratoires de chlorhydrate (le produit final fabriqué à partir de la pâte base de cocaïne) ont tendance à se multiplier dans d’autres pays, comme l’Argentine ou le Chili. En ce qui concerne les cultures du pavot, elles se sont répandues sur tous les continents, notamment en Asie du Sud-Est, en Asie centrale, en Turquie, en Egypte, en Europe de l’Est, au Mexique et d’autres pays d’Amérique centrale. Les marchés les plus lucratifs, à la fois pour la coca et les opiacés, restent les Etats-Unis et l’Europe occidentale mais la consommation s’étend beaucoup plus rapidement aujourd’hui, y compris dans les nouveaux milieux d’affaires, en Europe de l’Est, en Asie du Sud-Est et plus généralement dans beaucoup d’autres pays en voie de développement. Le cannabis et ses dérivés sont désormais généralisés à toute la planète. Selon certaines estimations, le cannabis serait devenu la première production agricole en valeur aux Etats Unis, dégageant des revenus évalués à 32 millions de US dollars par an, soit deux fois plus que le maïs et presque trois fois plus que le soja.

C’est ainsi que la production et la distribution de drogues sont aujourd’hui une source tout à fait considérable de revenu. Comme l’analyse fort bien Guilhem Fabre, il s’agit d’un revenu qui peut permettre de combler les déficits budgétaires ou de s´enrichir que se soit à des niveaux personnels, de groupes de population, d´entreprises ou même de pays, pouvant avoir d’importantes répercussions sur les crises financières de l’après Guerre Froide. Les drogues impliquent aussi bien des populations marginalisées économiquement, comme les paysans-producteurs ou certains petits revendeurs, des organisations criminelles, ou certains segments intégrés de la société, dans le monde des entreprises ou des institutions de l´Etat. Le recyclage des profits concerne, quant à lui, directement le centre de l´économie et de la société (au niveau des patrimoines fonciers, immobiliers et financiers) en impliquant directement les entreprises et les institutions financières.

Les transformations sociales qui s´opèrent à partir du développement de l´économie de la drogue révèlent une extension des secteurs d’activités illégales et de leur interpénétration avec les secteurs officiels de la société. Elles mettent en cause le droit, les normes et les règles élémentaires de l´organisation économique et sociale et elles semblent infléchir en profondeur l´évolution de nos sociétés. L´étude approfondie de ces transformations a donc une portée prospective essentielle pour les décideurs et pour la définition d´instruments appropriés de gestion publique à court, moyen et long terme. Tant du point de vue de la consommation que de la production ou de la distribution, de grandes variations existent. C’est pourquoi il est nécessaire de multiplier les études de cas, qui se concentrent sur les spécificités nationales et locales, pour confronter les secteurs et les populations les plus touchés dans les différentes sociétés et pour discuter de nouvelles hypothèses comme celles présentées par Guilhem Fabre dans cet ouvrage.


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