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Documents de Discussion - No. 11 - Urbanisation et recherche urbaine dans le monde arabe
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Gestion des Transformations Sociales - MOST
Documents de Discussion - No. 11

Urbanisation et recherche urbaine dans le monde arabe

par
Mostafa Kharoufi

Egalement disponible en arabe

Les opinions exprimées dans cette série engagent la responsabilité des auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de l'UNESCO.


Table des matières


I. INTRODUCTION

L'objet de cette communication est de présenter, à partir de l'analyse de contextes urbains du monde arabe, les orientations majeures des recherches menées sur les villes arabes. Cette rétrospective sur la recherche demeure néanmoins incomplète, les recensions existantes privilégiant souvent les thèmes ayant suscité une convergence interdisciplinaire, en laissant de côté des études plus ponctuelles. Cette synthèse est le prolongement d'une réflexion menée au sein du programme GURI (1) dont la mise en oeuvre a bénéficié de la participation de spécialistes des études urbaines en Afrique du Nord et en Egypte.


II. CARACTERISTIQUES DE L'URBANISATION DANS LE MONDE ARABE

Le monde arabe se caractérise aujourd'hui par un extraordinaire essor des villes et par des changements dus à l'urbanisation. Sur une population de 200 millions d'habitants, environ la moitié est constituée de citadins. Par rapport aux autres pays en développement, ce taux d'urbanisation se situe juste après celui de l'Amérique Latine. L'"explosion" urbaine, qui caractérise plusieurs pays arabes, se traduit non seulement par une croissance spectaculaire des métropoles et des grands centres régionaux (voir tableau en annexe) mais aussi par l'évolution rapide des petites et moyennes villes depuis une vingtaine d'années.

Si ces transformations montrent une progression soutenue de la population urbaine du monde arabe (2), elles donnent lieu à un processus d'urbanisation peu uniforme. La diversité des situations nationales et l'existence de traditions urbaines propres à chaque pays (Maroc, Tunisie, Algérie, Syrie…) expliquent l'hétérogénéité des contextes urbains.

Différentiée dans l'espace, cette urbanisation est un phénomène durable qui aura tendance à s'intensifier dans les prochaines décennies. Cette évolution est liée à un taux d'accroissement naturel élevé (une natalité importante de 4,25 % par an et une mortalité en baisse de 3,12%) et à une forte pression migratoire, autant de caractéristiques que l'on relève dans l'ensemble des pays en développement. De fait, dans la totalité des pays arabes, la croissance des villes se fait à un rythme supérieur à celui de la population nationale. Il faut cependant distinguer deux ensembles géographiques: celui où l'urbanisation est très forte (au delà de 70%) et celui où celle-ci se fait à un rythme plus lent:

- Les Etats du Golfe, l'Arabie Saoudite et la Libye qui ont connu en quelques années, grâce aux revenus du pétrole, des mutations urbaines spectaculaires appartiennent au premier ensemble. Les taux d'urbanisation du Koweït, du Qatar, et des Emirats Arabes Unis sont parmi les plus élevés au monde. En 1986, les villes regroupaient environ 90% de la population totale.

- Les pays du Maghreb (à l'exception de la Libye) qui disposent de ressources inégales et sont engagés dans un processus de mutations sociales et les pays tardivement urbanisés dont la croissance urbaine est accélérée par l'effet de crises multiples, climatiques ou politiques (Soudan, Yémen, Mauritanie) appartiennent au second ensemble.


1. Le déséquilibre des armatures urbaines

Dans les pays arabes, l'armature urbaine montre fréquemment un déséquilibre souvent lié à des contraintes géographiques. Cette caractéristique commune n'entraîne pas un schéma de développement similaire. Mis à part les "ville-Etats" du Golfe, où la présence d'une seule métropole domine tout le système urbain, on relève dans les autres pays un déséquilibre plus ou moins accentué.

Dans le cas du Maghreb, malgré un début de rééquilibrage des disparités régionales en matière de concentration de la population citadine, les zones littorales demeurent le lieu d'implantation privilégié des villes. En ce qui concerne l'explosion urbaine qui caractérise la périphérie des grands centres (Casablanca, Alger, Tunis), l'un des faits les plus significatifs est l'intensification des relations entre ces centres et leur périphérie.

Ainsi, au Maroc, où le nombre de villes a pratiquement doublé en 16 ans (de 128 en 1960-1966 à 240 au recensement de 1982) et où la croissance urbaine est de 4,28% en moyenne par an, l'axe côtier Casablanca-Rabat-Kénitra regroupe 40% de la population urbaine du pays.

En Algérie, 95% de la population habite sur 1/6 ème du territoire national (350.000 km ²) . De plus, en 1994, quelques 447 agglomérations urbaines (3) regroupant la moitié de la population du pays (4) se trouvaient concentrées presque exclusivement sur une surface littorale réduite de 1.200 km de long sur une centaine de large.

En Tunisie, bien que la forte tendance à l'urbanisation (croissance annuelle de 3,6%) soit liée en partie aux découpages administratifs (5), les citadins constituent 61% de l'ensemble de la population (6). L'ossature urbaine se situe largement dans les Provinces de Tunis et du Sahel (centre-est du pays) qui disposent des plus grandes infrastructures économiques et concentrent plus de 40% de la population urbaine. Le district de Tunis et le centre-est représentent chacun plus du cinquième de la population du pays. Ces régions connaissent le taux d'accroissement le plus élevé (respectivement 2,7% et 2,5%), le nord-ouest du pays enregistrant le taux d'accroissement le plus faible.

En Egypte, où les citadins représentent environ 50% de la population totale, l'essentiel du réseau urbain, disposé en damier le long du Nil, connaît de très fortes densités et se distingue par la macrocéphalie du Caire. Entre 1976 et 1986, dernière période inter-censitaire, la population urbaine s'est accrue de 10% tandis que le nombre des villes de plus de 100 000 habitants est passé de 20 à 24.

Au Soudan, les plus fortes densités se situent le long du réseau fluvial et la population reste composée, à 70%, de ruraux. L'évolution de la ville de Khartoum, devenue le principal pôle d'attraction d'un important mouvement migratoire, est la caractéristique majeure du processus d'urbanisation de ce pays.


2. Un système urbain en pleinemutation

Les derniers recensements de population effectués en Egypte (1986), en Algérie (1985), au Maroc (1982 et 1994) et en Tunisie (1994), montrent une relative stabilisation de la croissance des grandes métropoles et une progression plus soutenue des petites et moyennes villes.

Ainsi, en Tunisie le système urbain est désormais dominé par les agglomérations de petite taille. En effet, l'extension des périmètres urbains de la plupart des villes importantes s'accompagne d'une augmentation des petites et moyennes villes, les communes urbaines de 10 000 à 40 000 habitants représentant 40% des villes.

A l'instar de la Tunisie, le Maroc connaît une poussée significative des petites et moyennes villes (6,8%), accompagnée d'un ralentissement de la croissance des grandes métropoles (3,3% par an). En effet, la population de certaines villes est passée de 20 000 à 50 000 habitants, soit un gain de 12 points qui représente un solde migratoire très supérieur à celui de la métropole de Casablanca (Escallier 1995).

A l'inverse des autres pays maghrébins, la Mauritanie connaît une croissance démographique relativement modérée (2,08% par an) en raison d'un taux de mortalité encore élevé. Les citadins y représentent environ 32% de la population, malgré des évènements qui ont accru le mouvement d'urbanisation (sécheresse et migrations forcées de populations suite au conflit avec le Sénégal en avril 1989). Cependant, depuis une vingtaine d'années, l'exploitation de gisements de fer entraînant l'équipement de nouveaux centres, le mouvement de sédentarisation des nomades et la tertiarisation de l'économie concourent à l'extension considérable des villes, et notamment de Nouakchott.

Le cas de l'Egypte reste assez particulier car, bien que Le Caire continue à dominer le système urbain national (environ 12 millions d'habitants soit 12,6% de la population totale et 28,8% de la population urbaine), on assiste depuis trois décennies à un développement des petites et moyennes villes. En effet, les résultats du dernier recensement publiés par le CAPMAS (7) font état d'une stabilisation de la croissance des grandes villes égyptiennes: Le Caire, Alexandrie, Port Saïd et Suez (8). Ces villes-gouvernorats ont vu leur population passer de 49% à 45,9% de la population totale durant la période inter-censitaire (1976-1986) (9). Les centres urbains des gouvernorats ruraux ont bénéficié de ce rééquilibrage, notamment les villes de Haute-Egypte qui abritent désormais 25,5% de la population urbaine du pays contre 24% en 1976, les centres du Delta qui passent de 26% à 27,1% et les villes des gouvernorats-frontière qui gagnent 6%. Cette tendance est aussi illustrée par quelques centres urbains du gouvernorat de Minia, longtemps marginalisés, et qui ont connu une croissance importante entre les deux derniers recensements (voir tableau 1).

Les petites villes remplissent donc de plus en plus de fonctions grâce au développement des activités de services qui incluent l'administration, l'éducation et la santé. Elles ont conquis, grâce à la décentralisation et aux migrations descendantes de fonctionnaires et de cadres, une position de centres administratifs, commerciaux, voire de manufacture.

Par rapport au Maroc, pays de grandes villes, et à la Tunisie, où les petites villes sont particulièrement nombreuses, le système urbain de l'Algérie semble assez équilibré, avec un réseau de petites et moyennes villes relativement dense. Lors du recensement de 1977, les villes de moins de 20 000 habitants y représentaient les deux tiers du système urbain.

Tableau 1

Croissance urbaine dans le gouvernorat de Minia (Moyenne-Egypte)
Ville
Population en 1986
Croissance annuelle 60-76 en %
Croissance annuelle 76-86 en %
Minia
179 136
2,30
2,03
Mallawi
99 062
2,11
2,93
Maghagha
50 807
2,00
2,49
Bani Mazzar
47 964
1,54
2,00
Abu Qirqas
54 629
3,39
3,14
Matay
28 986
2,11
3,18
Dir Muas
25 518
1,72
2,43
Samallut
62 404
2,41
2,48

Source : Atteya Khadija, 1988, Al-tahaddur wa al-tawzi' al-haramî li mudun misr (Urbanisation et hiérarchie des villes en Egypte), 1976-1986, Colloque sur l'extension urbaine en Egypte, Le Caire, pp. 34-36.


En Libye, les agglomérations de 2 000 à 30 000 habitants connaissent des records de croissance (souvent plus de 10% par an) et leur importance au niveau national passe de 15% en 1964 à 23,7% en 1984. Parallèlement, les villes moyennes (de 30 000 à 100 000 habitants), concentrent 36% de la population urbaine (Chaline, 1990, pp. 29-30). L'apparition de nouveaux noyaux d'urbanisation et le développement des petites villes existantes ont eu lieu principalement dans les régions des deux grands pôles économiques, la tripolitaine et la Cyrénaïque. En fait, malgré une politique volontariste menée depuis une trentaine d'années visant à limiter la grande concentration urbaine, le système bipolaire autour de Tripoli et de Benghazi s'est considérablement renforcé.

Au Maghreb et au Proche-Orient, le mouvement d'urbanisation s'accompagne de l'apparition de nouvelles formes d'activité. La petite ville, pôle de diffusion des nouveaux modèles de référence, influence de manière notable l'évolution du monde rural grâce au développement des moyens de transport facilitant les migrations pendulaires entre ville et campagne.

Le dynamisme des petites et moyennes agglomérations est en partie lié au changement des schémas migratoires au cours de ces vingt dernières années. Ceux-ci ont modifié la répartition de la population aussi bien au Maghreb qu'en Egypte et au Soudan.


3. L'apparition de nouveaux schémas migratoires

L'apparition de nouveaux types de mobilités démographiques dans les pays arabes, au cours des années 80, est liée à la transformation des rapports entre villes et campagnes. Si dans les années 60, face à l'exode rural, les grands centres urbains comme Le Caire, Casablanca, Tunis, Alger, etc., offraient des possibilités d'intégration aux migrants, ceci n'est plus le cas depuis la fin des années 70. En effet, ces métropoles absorbent difficilement un flux de main-d'oeuvre en augmentation constante et l'on constate un ralentissement de l'émigration vers les grands centres urbains.

Parallèlement, les petites et moyennes villes ont étendu des zones d'influence spatiale non négligeables qui polarisent ainsi largement des migrations inter-urbaines en plein épanouissement. Depuis une vingtaine d'années, diverses stratégies ont été élaborées dans ce sens par les zones rurales: migrations pendulaires, migrations à l'étranger, développement des villes intermédiaires ainsi que des nouvelles agglomérations. On peut également souligner le rôle important des Etats dans l'aménagement de ces pôles, nouveaux et anciens, ainsi que leurs efforts de décentralisation, notamment par le biais de migrations descendantes de fonctionnaires.

Dans les pays arabes producteurs de pétrole, les migrations internationales ont largement contribué à l'essor urbain. La croissance élevée qui caractérise les villes des Emirats du Golfe et de l'Arabie Saoudite est due essentiellement au flux de travailleurs étrangers en provenance de pays arabes (Palestiniens, Egyptiens, Yéménites, Syriens) et d'Asie (Inde, Pakistan, Sri-Lanka, Bangladesh, Thaïlande, Philippines et Corée du Sud).


4. Une importance croissante du thème urbain

Depuis une vingtaine d'années, la forte croissance des villes arabes a entraîné une recrudescence de la recherche autour du thème urbain. Celle-ci tente d'en saisir les dimensions physiques, économiques, sociales et culturelles. L'évolution récente des recherches urbaines et la périodisation de leurs grandes tendances indiquent que, mis à part l'Egypte où l'accumulation des connaissances est ancienne, la montée des préoccupations urbaines au Maghreb et au Machrek n'est sensible que depuis 1975 (Liauzu, 1987; Troin, 1988; Kharoufi, 1994). En faire un bilan exhaustif serait une tâche difficile compte tenu de l'accès encore difficile à certaines informations. De plus, l'étude des processus complexes d'urbanisation fait appel à plusieurs disciplines (sociologie, géographie, sciences politiques, architecture, anthropologie) qui ne peuvent expliquer isolément les problèmes liés à l'urbanisation.

Tableau 2

Etudes urbaines dans le monde arabe
Pays/Région étudiés Nombre d'études Pourcentage
Moyen-Orient 135 24.32%
Egypte 120 21.62%
Syrie 49 8.83%
Tunisie 46 8.29%
Maroc 38 6.85%
Liban 36 6.49%
Irak 32 5.77%
Arabie Saoudite 31 5.59%
Algérie 23 4.14%
Maghreb 14 2.52%
Yémen 11 1.98%
Jordanie 6 1.08%
Koweit 5 0.90%
Palestine 3 0.54%
Oman 2 0.36%
E. A. U. 2 0.36%
Bahrein 2 0.36%
Total 555 100.00%

Source : Liauzu Claude. Société urbaines contemporaines du Maghreb et Moyen-Orient, 1975-1985 - Essai de bibliographie critique, Paris Institut du Monde Arabe, 1987.


Les thèmes classiques à caractère démographique comme les migrations, la croissance ou l'aménagement sont complétés par l'analyse des dynamiques internes aux sociétés urbaines. Ces questions n'ont pas toujours été prises en considération avec la même intensité. Les institutions nationales concernées par le développement des villes ont souvent orienté leur action vers la satisfaction des besoins en matière d'habitat.

On remarque souvent une interaction entre la recherche et le contexte économique, social et politique des pays étudiés. En effet, recherches universitaires et préoccupations officielles sont souvent liées au rapport entre Etats et sociétés. Ainsi, dans plusieurs pays arabes, les préoccupations de l'Etat en matière urbaine se sont accentuées à l'occasion de problèmes d'ordre socio-politique: création de commissions où décideurs, aménageurs et experts se sont penchés sur les problèmes urbains.


III. TENDANCES DES THEMES DE RECHERCHE

Les thèses soutenues pourraient constituer un indicateur de tendances des études urbaines. Dans les universités françaises et anglo-saxonnes, qui ont longtemps accueilli des doctorants arabes, l'analyse des programmes de recherche indique une nette avancée du thème urbain. Ainsi, le nombre des thèses effectuées en France sur les villes des pays en développement a plus que doublé entre les années 1970 et 1980.

En France, la place du monde arabo-musulman dans les recherches doctorales (Afrique du Nord et Moyen-Orient compris) est importante puisque cette zone géographique représente plus de 50% des thèses (Thesam IV, 1992; Leimdorfer et Vidal, 1992). Sur une période de vingt ans (1971-1991) et à partir d'un corpus de 6500 titres, on remarque une progression des études urbaines qui peut s'expliquer autant par la diversification des choix que par l'autonomie des Unités de Recherche en France (Leimdorfer et Santo-Martino, 1992).

Les études monographiques sur une ville, un quartier ou une partie de la ville occupent une place prépondérante. En effet, la moitié des thèses répertoriées ont pour objet la ville. Les espaces urbains les plus étudiés restent cependant les grandes métropoles: Le Caire, Beyrouth, Amman, Khartoum, Tunis, Casablanca, Fès, Marrakech, Rabat, Alger, Oran, Annaba, etc.

En ce qui concerne les pays d'Afrique du Nord, la recherche en géographie sur le thème urbain représente plus d'une thèse sur deux. Cette participation massive domine les autres disciplines telles que l'urbanisme (15%), la sociologie (13,4%), l'économie (7%), l'histoire (7%), le droit (1,2%), la littérature et la psychanalyse (0,5%) (Leimdorfer et Vidal 1992, 13).

L'Egypte se singularise par une tradition de recherche urbaine qui remonte à la deuxième moitié du siècle dernier. Ainsi, dans un répertoire bibliographique publié en 1925 par l'Association des Géographes (fondée en 1875) et comportant 8753 titres, le thème de la ville occupe une place privilégiée (El-Kadi 1992). Les architectes, animés par le désir de sauvegarder les monuments historiques, sont à l'origine des débats au sein desquels s'affrontent modernistes et traditionalistes au sujet de la conservation des édifices médiévaux. Cependant, l'émergence d'une spécialisation des recherches sur les villes date de la fin des années 60 et correspond au début de l'enseignement de la géographie urbaine en tant que discipline.


IV. PROPOSITION DE QUELQUES AXES DE RECHERCHE

En étudiant les différents thèmes abordés par la recherche dans les pays arabes, on remarque que plusieurs sujets sont peu abordés -voire absents- alors qu'ils pourraient faciliter une meilleure compréhension des dynamiques urbaines à un moment où les villes subissent de plein fouet les conséquences d'un désengagement de l'Etat.


1. Les mouvements sociaux urbains

Une meilleure connaissance de la dynamique des villes arabes passe par l'étude des mouvements sociaux urbains qui n'ont cessé de prendre de l'ampleur durant les deux dernières décennies. En effet, divers groupes sociaux (classes moyennes, mouvement ouvrier) sont de plus en plus impliqués dans le processus de changement historique. Aujourd'hui, le rôle de ces groupes dans le mouvement de démocratisation est lié aux effets de la crise dont ils sont directement victimes: chômage de diplômés, baisse des revenus et surtout blocage de la mobilité sociale.

Des mouvements sociaux portés par des idéologies variées se développent actuellement. La création de Ligues des Droits de l'Homme en Tunisie, en Egypte, en Algérie, au Koweït et au Maroc ainsi que la prolifération d'associations culturelles ont inspiré des réflexions qui pourraient aider à une meilleure connaissance de la structure des sociétés urbaines arabes. De fait, le phénomène associatif représente un instrument d'intégration et un espace de liberté à travers lequel la société civile manifeste son existence et participe à la gestion d'un pays.


2. La gestion des villes

Durant les deux dernières décennies, des politiques publiques d'aménagement de grande ampleur se sont développées, marquant une volonté de décentralisation et d'implication des populations citadines dans la gestion des villes. A partir du milieu des années 70, le mouvement novateur retenu par les observateurs aussi bien au Maroc et en Algérie qu'en Tunisie et en Egypte est la décentralisation (al-lâmarkaziyya). Assimilée à un principe libéral de gouvernement, elle est supposée inspirer le réaménagement des relations entre l'Etat et le citoyen.

Les années 1974 pour l'Egypte, 1975 pour la Tunisie et 1976 pour le Maroc sont marquées par l'annonce d'importantes réformes concernant la vie des collectivités locales sur les plans économique et législatif. Ces réformes touchent l'ensemble du système politique et comprennent le mode d'élection de l'administration communale et le renouvellement des conseils municipaux. La recherche n'a pas suffisamment éclairci la relation entre les structures de l'Etat et la société civile urbaine dans le monde arabe. Le thème de la gestion des villes, qui recouvre à la fois l'optimisation de la gestion des structures politiques et administratives et la création d'institutions responsables de la promotion des principes démocratiques et des processus électoraux, reste peu traité.


3. Marginalité et intégration urbaines

Plusieurs recherches concluent à « l'évidence de la paupérisation urbaine ». Si une faible partie des ruraux arrivés en ville a réussi son intégration dans l'économie urbaine, améliorant ainsi ses conditions de vie, la majorité des migrants vit dans des conditions précaires, ce qui contribue à renforcer le phénomène de paupérisation et de marginalisation dans les villes. L'application de plans d'ajustement structurel, accompagnée de dispositifs d'aide aux personnes défavorisées laisse supposer que la lutte contre la pauvreté entre dans la politique sociale des pouvoirs publics. Cependant, la réduction progressive des subventions aux produits de première nécessité aggrave les difficultés matérielles des couches sociales les plus démunies et réduit le pouvoir d'achat des couches sociales intermédiaires.

Une récession économique générale semble créer une rupture entre l'abondance liée à la rente pétrolière et une richesse nationale relative qui se réduit et à laquelle les habitudes de consommation des citadins s'adaptent difficilement. Le manque d'intégration sociale et spatiale qui en découle crée des contrastes entre les formes de développements urbains. Ceux-ci diffèrent dans leur aspect, leur niveau d'équipement, l'existence de services le statut social de leurs habitants. Une étude approfondie de ces composantes reste encore à faire.


4. Les crises urbaines

La notion de "crise urbaine" couvre des situations complexes et fragmentaires qui se manifestent selon les milieux par la déficience d'un secteur particulier (logement, transport…). On constate "une disproportion entre les objectifs des instruments d'urbanisme (schémas directeurs, schémas d'armature urbaine) élaborés pour la plupart pour les grandes villes, et le peu d'effet de leur propositions sur la crise des villes" (Naciri,1992).

En ce qui concerne la défaillance des structures urbaines dans les grandes métropoles, plusieurs études ont été publiées, mais les conséquences de la crise économique sur les petites et moyennes villes restent souvent ignorées. Les recherches reflètent le plus souvent l'évolution urbaine des pays arabes qui se traduit par une marginalisation encore importante des petites villes. Cependant, en Egypte et au Maroc, la création d'universités de province a contribué depuis peu à la production de monographies (mémoires de magistère ou de maîtrise) sur des villes secondaires.


5. Le thème du secteur informel

La transition économique qui s'opère depuis quelques décennies dans les villes arabes se caractérise par la prépondérance du secteur tertiaire, alors que l'emploi industriel reste faible. Mis à part les pays pétroliers riches où le PNB compense encore la progression démographique, la plupart des pays arabes connaissent un déséquilibre entre l'offre et la demande d'emplois ainsi qu'un développement du secteur informel. En effet, en milieu urbain ce dernier a conquis de vastes espaces sous des formes multiples, de la périphérie aux centre des villes. De fait, le secteur informel est aujourd'hui devenu une composante à part entière d'une économie urbaine hypertrophiée.

Les activités informelles constituent, depuis le milieu des années 80, un des thèmes majeurs de la recherche initiée par des demandes extérieures et soutenues par le fonds des Nations Unies pour le Développement dans le cas de l'Egypte et du Maroc. Le secteur informel fait aussi l'objet de travaux de terrain significatifs à partir du milieu des années 80 (Capmas 1985; Mahdi et Mashhûr 1990; Salahdine 1988 et 1991). Les premières recherches sur le terrain effectuées en Egypte par exemple, l'ont été grâce au Capmas qui, en 1985, a étudié ce secteur de l'économie. Au Maroc, en Algérie et en Tunisie, des études ont révélé l'implication d'une frange croissante de la population citadine dans le secteur informel de l'économie (Salahdine 1988, Charmes, 1983). Les études à caractère anthropologique se révèlent intéressantes et tentent de cerner ce phénomène peu étudié jusqu'ici.

C'est à travers des enquêtes de terrain que l'on pourrait saisir le processus d'intégration des populations qui exercent les activités économiques qualifiées de "marginales" ou "non-structurées". L'étude de cet aspect de la vie urbaine permettrait de comprendre comment une population qui vit en marge de l'économie "structurée" s'adapte à son environnement.


6. L'habitat clandestin

Dans la plupart des pays arabes, l'extension urbaine s'est accompagnée d'une prolifération de l'habitat clandestin. Pour les urbanistes, cette sorte d'habitat constitue aujourd'hui une importante forme d'organisation de l'espace et de production du cadre bâti. Elle abrite 1 600 000 habitants au Caire (20% de la population de la capitale) et 346 000 personnes au Maroc. La crise actuelle, accentuée par le désengagement de l'Etat en matière d'investissements, de création d'emplois et d'aménagement urbain explique le développement du logement clandestin. Le phénomène de l'habitat clandestin n'a cependant suscité d'intérêt dans la recherche que depuis le milieu des années 70. Si plusieurs de ses aspects ont déjà été étudiés dans les grandes métropoles, son apparition dans les villes moyennes ces vingt dernières années a été peu traitée. D'autre part, la stabilisation de l'exode rural n'empêche pas l'apparition et le développement de l'habitat clandestin. La part de la population d'origine citadine dans les effectifs de l'habitat clandestin devrait donc être étudiée.


7. Les vieux centre-villes

L'attention des chercheurs s'est peu portée sur la situation des centre-villes et de leur avenir compte tenu de la dégradation des bâtiments et des conditions de vie de leurs habitants. Au Maghreb, le prestige traditionnel de la « médina », et les facilités d'emploi et de logement qu'elle offre ont entraîné une augmentation de sa densité, un changement dans la composition sociale de ses quartiers et une détérioration des conditions de vie de ses habitants en raison de la vétusté des réseaux d'assainissement et des équipements.

De plus, sur le plan culturel, on a peu étudié les conséquences de l'apparition d'un secteur tertiaire calqué sur les modèles internationaux dans les vieilles structures citadines.


8. Migration et urbanisation dans les petites et moyennes villes

Les recherches ont beaucoup traité des mouvements migratoires en général et des zones d'attraction (comme les métropoles) en particulier, alors que les centres de taille inférieure n'ont pas bénéficié d'une grande attention. Cependant, depuis la fin des années 80, les chercheurs s'intéressent aux petites et moyennes villes et à leurs aires d'attraction. La migration vers les grandes villes s'accompagne, en Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Egypte, d'une attraction grandissante exercée par les petites et moyennes villes dont les influences locales se renforcent. En effet, en Egypte on assiste à une "redistribution" des migrations vers des villages situés autour des villes, et dont certains sont en voie d'urbanisation.

Ces phénomènes demeurent peu étudiés comme le sont les migrations saisonnières liées à certaines activités urbaines comme le tourisme. Des recherches récentes ont montré qu'au Maroc de petites villes sont apparues dans le réseau urbain durant la période inter-censitaire 1971-1982. Dans certaines de ces villes, une activité économique importante donne lieu à une croissance rapide et entraîne une évolution démographique très différente de celle des cités en marge du développement économique. Ces nouveaux centres économiques contribuent à la diversification des champs migratoires et annoncent de profonds changements dans l'organisation de l'espace.

Autour de la problématique des petites et moyennes villes, de leur place dans le dispositif spatial et des fonctions qu'elles assurent, peu de recherches ont été publiées. Il reste à mettre en évidence le rôle croissant de ces cités dans le processus d'urbanisation du monde arabe et dans la transformation des sociétés urbaines et rurales (sédentaires et nomades).


9. Crises, migration et urbanisation

Plusieurs pays du monde arabe connaissent -ou ont connu- des mouvements migratoires forcés qui bouleversent leur paysage démographique. C'est le cas du Soudan où, depuis 1983-1984, environ 5 millions de personnes ont dû changer de lieu de résidence, de la Mauritanie, lors du conflit avec le Sénégal en avril 1989, ou encore de la région du Golfe, en 1991. Ces exemples illustrent une situation où les crises écologiques, alimentaires ou politiques déclenchent des migrations forcées en direction, souvent, des centres urbains.

Cet aspect démographique reste encore peu traité par les recherches sur la mobilité. Pourtant, à la suite de l'invasion du Koweït par l'Irak, le Proche-Orient a connu les plus importantes migrations forcées de populations des dernières décennies: 4 ou 5 millions de personnes ont dû quitter la région du Golfe.

L'ampleur de cette migration a bouleversé les schémas migratoires au Proche-Orient, mettant les pays fournisseurs de main-d'oeuvre dans une situation économique et sociale difficile. Ainsi, à la fin de 1990, plus d'un million de personnes (dont 250 000 Jordaniens et Palestiniens) ont reflué vers la Jordanie, tandis qu'au même moment, l'Egypte accueillait 865 000 de ses ressortissants.

Des recherches engagées dans les années 1990 en Jordanie et au Soudan ont commencé à étudier le rôle des crises dans la modification des champs migratoires et dans la croissance urbaine exponentielle (Seteney, 1994).


CONCLUSION

Migration, redistribution spatiale des populations et urbanisation affectent inéluctablement la structure démographique des pays arabes et sont perçues par les pouvoirs publics et les chercheurs comme des problèmes majeurs, tant leurs conséquences sont importantes au niveau du développement. Leur étude suppose des approches pluridisciplinaires et des analyses à deux niveaux: le niveau national, pour dresser les matrices et les tendances générales, et le niveau régional pour repérer les stratégies familiales individuelles. Les enquêtes démographiques menées à l'échelle nationale sont utiles mais masquent parfois des situations extrêmement diverses. Elles gagneraient à être complétées par des enquêtes plus précises, à caractère anthropologique, et à des échelles géographiques plus restreintes. Les recensements de populations et de logements sont des informations quantitatives précieuses pour les chercheurs et décideurs, même si les problématiques sont souvent traitées dans leur aspect global.

Conscients des limites des analyses globales, les services statistiques, qui conduisent des enquêtes fréquentes sur un échantillon (c'est le cas dans la plupart des pays du Maghreb et en Egypte) tentent d'orienter les recherches vers de nouvelles méthodes de mesure spécifiques aux questions urbaines, notamment la pratique d'enquêtes ponctuelles et échelonnées dans le temps. En effet, si les approches globales sont nécessaires pour saisir la portée générale du processus urbain, elles passent parfois sous silence certains éléments du processus d'urbanisation, comme les trajectoires migratoires des individus ou les activités urbaines dites « informelles ».

L'évaluation de la recherche urbaine dans le monde arabe fait cependant apparaître des faiblesses au niveau des moyens mis à la disposition des chercheurs ainsi que des études de terrain trop rares. Gestionnaires et planificateurs sont souvent confrontés à des phénomènes qu'ils n'ont pas pu prévoir. Ceci est en partie dû à des instruments d'analyse, de conception et de réalisation qui ne leur permettent pas d'appréhender des réalités urbaines souvent complexes.


ANNEXE

Population urbaine, population rurale, taux d'accroissement et
population de la ville la plus peuplée

 
Année
Rural %
Urbain %
Pop. rurale
Pop. urbaine
Année
Nbre en 000
Algérie 1980 56,6 43,3 2,1 4,6 1992 3.300
  1990 48,3 51,7 1,1 4,4    
Maroc 1980 59,0 41,0 1,2 4,0 1992 3.000
  1990 53,9 46,1 1,8 3,6    
Tunisie 1980 49,7 50,3 1,5 3,7 1992 1.900
  1990 44,0 56,0 0,8 3,2    
Libye 1980 30,4 69,6 - 0,7 7,0 1992 2.900
  1990 17,6 82,4 - 1,6 5,0    
Mauritanie 1980
1990
71,0
53,2
29,0
46,8
0,1
- 0,3
9,6
6,8
1990 760
Egypte 1980 56,2 43,8 2,2 2,6 1992 9.000
  1990 56,1 43,9 2,4 2,4    
Soudan 1980 80,0 20,0 2,8 4,1 1992 2.100
  1990 77,5 22,5 2,5 4,3    
Jordanie 1980 40,1 59,9 0,2 4,0 1990 1.020
  1990 32,0 68,0 0,9 4,4    
Iraq 1980 34,5 65,5 1,1 4,6 1992 4.200
  1990 28,2 71,8 1,2 4,2    
Koweit 1980 9,8 90,2 - 3,7 7,7 1992 1.100
  1990 4,2 95,8 - 3,6 4,8    
Arabie 1980 33,2 66,8 0,8 7,7 1992 2.200
Saoudite 1990 22,7 77,3 0,2 4,8    
E. A. U. 1980 28,5 71,5 10,1 15,8 1990 260
  1990 19,1 80,9 - 0,7 4,3    
Bahrein 1980 19,6 80,4 3,6 5,2 1992 130
  1990 17,1 82,9 1,8 3,5    
Qatar 1980 14,4 85,6 2,5 6,5 1990 329
  1990 10,1 89,9   4,0    
Oman 1980 92,4 7,6 4,8 8,9 1990 70
  1990 89,0 11,0 3,4 7,4    
Yemen 1980 79,8 20,2 2,3 7,4 1990 360
  1990 71,1 28,9 2,4 7,0    
Syrie 1980 53,3 46,7 2,5 3,9 1992 1.900
  1990 49,8 50,2 2,9 4,3    
Liban 1980 26,6 73,4 - 5,1 1,2 1992 1.600
  1990 16,2 83,8 - 4,6 1,7    

Source : Annuaire statistique, des Nations Unies, Washington, 1993



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Notes

1. GURI : Global Urban Research Initiative est un réseau international qui regroupe treize centres de recherche de pays en développement. Le projet est coordonné par Richard Stren, Directeur du Centre for Urban and Community Studies, Université de Toronto, et financé par la Fondation Ford. Trois ouvrages sont d'ores et déjà édités dans le cadre de ce programme : Urban Research in the Developing World. Africa (1994) ; Asia (1994) et Latin America (1995).

2. Comptant 25% de citadins en 1950, 30% en 1970, le monde arabe peut atteindre 66% à la fin de ce siècle ; voir CHALINE. - Les villes du monde arabe. Paris : Masson, 1990, p. 18

3. Contre 211 en 1977.

4. Contre 31% en 1966.

5. Ainsi, lors de la dernière période intercensitaire (1984-1994), 86 nouvelles communes ont été créées.

6. Contre 52,8% lors du recensement de 1984.

7. Central Agency for Public Mobilization and Statistics.

8. Le Caire et Alexandrie ont vu leur croissance passer respectivement de 2,5% et 2,6% entre 1960 et 1976 à 1,7% et 2,3% entre 1976 et 1986.

9. Ceci malgré la croissance des villes de Port Saïd et Suez évaluée respectivement à 3,4% et 4,1% et liée au retour des familles ayant déserté la zone du Canal de Suez à la suite des guerres avec Israël.


L'auteur

Mostafa Kharoufi est sociologue et géographe de nationalité marocaine. Chercheur au Centre d'Etudes et de Documentation Economique Juridique et Social (CEDEJ) au Caire, puis à l'Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC) à Tunis, il est aujourd'hui expert permanent auprès du Conseil National de la Jeunesse et de l'Avenir (CNJA) à Rabat. Parmi ses publications: "Les nouvelles formes de la mobilité dans le monde arabe", "Société et espace dans un quartier du Caire (Dar el-Salâm): secteur "informel" et intégration urbaine" ...


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