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Lettre de MOST No. 2
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Lettre de MOST
No. 2 - Mars 1995
également disponible en
anglais et en espagnol


MOST AU SOMMET SOCIAL

Le Sommet mondial pour le développement social réunira à Copenhague, du 6 au 12 mars prochain, les chefs d'Etats et de gouvernements, en vue d'étudier des problèmes sociaux urgents. Il se penchera en particulier sur les moyens à mettre en œuvre pour éliminer la pauvreté, créer des emplois productifs et améliorer la cohésion sociale.

Ce Sommet offre une occasion privilégiée pour redéfinir la politique publique, aussi bien dans ses aspects économiques que sociaux. Il constitue une véritable tribune pour la mise au point d'un programme d'actions visant à promouvoir une répartition équitable de la croissance économique et à établir des bases solides pour la paix et la justice, le respect des droits de l'homme, la gouvernance démocratique, et l'émergence de cultures et de styles de vie plus en harmonie avec la nature. Comme l'a déclaré le Directeur Général de l'UNESCO dans sa " Note d'Orientation en vue de la préparation du Sommet mondial pour le développement social ", seule une conception radicalement nouvelle des politiques de développement peut assurer l'élimination de la pauvreté et de l'exclusion sociale, l'engagement des individus dans des fonctions plus productives, le contrôle de la croissance explosive de la population et de la dégradation des ressources naturelles.

L'Organisation s´est appliquée, par l'intermédiaire de ses différents programmes - dont MOST - à sensibiliser les publics concernés et à les inciter à débattre de ces questions avant le Sommet mondial. Elle a organisé, à cette fin, des réunions régionales et internationales associant des décideurs de haut niveau, des spécialistes et des représentants de la société civile. Citons, entre autres, le Colloque international sur les politiques publiques, les actions des citoyens et le développement social, organisé avec le concours de la ville et de l'Université de Bologne, Italie (2 et 3 décembre 1994) et le Séminaire international sur la science et la technologie pour le développement social organisé avec le NISTADS (Institut national indien des études sur la science, la technologie et le développement), du 12 au 14 décembre 1994 à New Delhi. Sur les lieux mêmes du Sommet mondial, l'UNESCO organise trois manifestations: la première est un colloque international sous l'égide de MOST et d'autres partenaires, sur l'exclusion sociale (voir plus loin), la deuxième est une table ronde sur la pauvreté, en collaboration avec le programme CROP (recherche comparative sur la pauvreté) du Conseil international des sciences sociales, et la troisième est un sommet restreint des neuf pays en développement les plus peuplés du monde (Bangladesh, Brésil, Chine, Egypte, Inde, Indonésie, Mexique, Nigéria et Pakistan). l'UNESCO apportera une contribution essentielle au suivi du Sommet, en développant des actions et des programmes consacrés principalement aux questions d'exclusion et d'intégration sociales, mettant l'accent sur un développement équitable, centré sur l'être humain et viable du point de vue social et écologique. J.N.


SOMMET MONDIAL POUR LE DEVELOPPEMENT SOCIAL: L'EXCLUSION SOCIALE - LA COHESION SOCIALE

MOST organise, à l'occasion du Sommet social, un colloque international, du 2 au 4 mars 1995, intitulé "De l'exclusion sociale à la cohésion sociale : vers un programme d'action", une initiative à laquelle se sont associés l'Institut international d'études sociales du BIT, l'Organisation mondiale de la santé, la Commission de l'Union européenne (DG XII), l'ORSTOM (l'Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération) et l'Université de Roskilde, près de Copenhague, qui accueille cette rencontre. Une vingtaine de spécialistes internationaux interviendront sur des questions essentielles liées au développement social et associeront aux débats quelques 250 invités, principalement des décideurs et représentants des ONG et des média.

Les thèmes suivants seront abordés:

De l'exclusion sociale à l'équité sociale : l'exclusion sociale, le chômage et le sous-emploi structurel sont devenus des problèmes mondiaux. Les processus de dualisation affectent toutes les sociétés - industrialisées et en développement -, sous des formes différentes et à des degrés divers de gravité. Comment renverser cette tendance en remettant l'équité sociale au rang de valeur fondamentale et d'objectif politique, tout en respectant les exigences de la prudence écologique et de l'efficacité économique ?

Changement de styles de vie et de modes de consommation au Nord et au Sud: l'accroissement des inégalités sociales à l'intérieur et entre les pays, ainsi que la recherche d'un développement durable sur le plan social et écologique, exigent un changement de styles de vie et de modes de consommation, au Nord comme au Sud. Poursuivre dans la même voie risque d'entraîner un apartheid social et des catastrophes écologiques planétaires. Comment réorienter la science et la technologie afin d'éviter la croissance du chômage, tout en répondant aux aspirations légitimes des populations ?

De l'Etat-providence à la société qui se prend en charge (caring society): l'Etat-providence, avec ses objectifs de plein emploi et de protection sociale généralisée, a représenté une contribution importante de l'Europe à la civilisation mondiale. Quelles nouvelles formes d'action peut-on mettre en œuvre en vue d'atteindre ces objectifs sociaux, tout en évitant la charge financière excessive générée par les pratiques des Etats-providence? Comment éviter l'écueil d'une approche sectorielle, en définissant notamment des stratégies holistiques de développement visant à améliorer les services dans le domaine de la santé, de l'éducation et de l'aide sociale?

Public et privé : nouvelles formes de partenariat entre les acteurs sociaux : afin d'assurer un processus de transformation sociale qui compense les inégalités dans la répartition des richesses et de la propriété, il convient de laisser de côté la dichotomie réductrice : l'Etat ou le marché. Il apparaît nécessaire de constituer des partenariats d'un type nouveau entre les pouvoirs publics à tous les niveaux - central, régional et local -, une société civile bien organisée, les usagers, et le secteur privé, en associant à la propriété publique ou privée un tiers-secteur composé d'organisations à but non-lucratif, de coopératives et de mutuelles.

Rendre les villes vivables : au début du XXIème siècle, la moitié de la population mondiale vivra en milieu urbain. Rendre les villes vivables est un défi majeur, compte tenu de tous les besoins qui restent à satisfaire en matière d'emploi, de logement, de protection de l'environnement, de santé publique et d'éducation. Quelles nouvelles stratégies peut-on envisager en vue d'une gestion viable des villes et du développement des zones rurales, où vit l'autre moitié de la population mondiale?

Graphique: Population urbaine (en pourcentage de la population totale)

(Source: Rapport sur le développement humain, PNUD, 1994)

Une déclaration rédigée à la fin de la rencontre sera distribuée à tous les participants du Sommet mondial pour le développement social. MOST diffusera ultérieurement les recommandations issues du colloque. Ce dernier sera le point de départ des activités de MOST dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan d´action adopté lors du Sommet. A.K.

Vient de paraître:

" A la recherche de nouvelles stratégies de développement: Enjeux du Sommet Social " par Ignacy Sachs. MOST Documents de politiques sociales 1 (pour l'obtenir écrivez au secrétariat de MOST - UNESCO).

Edition spéciale:

Revue internationale des sciences sociales, 143, mars 1995: " Mesurer et évaluer le développement ".
Veuillez contacter: Editions Eres, 11 rue des Alouettes, 31520 Ramonville Saint-Agne, France.


Développement thématique : TRANSFORMATIONS SOCIALES

Le Comité directeur scientifique et le Secrétariat de MOST s'attachent à poursuivre le développement des trois thèmes du Programme, ainsi que d'autres domaines qui sont actuellement au premier rang des priorités internationales, tels que le problème de l'exclusion et de la cohésion sociales.

Cependant l'axe central du Programme, son thème fédérateur qui lui donne sa cohérence, aussi bien du point de vue intellectuel que de celui de ses objectifs à long terme, est la question des "transformations sociales". Les média internationaux se sont emparés de l'expression pour décrire de nombreux aspects de l'après-guerre froide. Le caractère polysémique de cette notion a facilité son emploi abusif.

Il est nécessaire de s'engager dans un travail systématique sur cette notion, afin de la rendre plus précise et d'en distinguer les multiples significations. Des études seront menées à cette fin, dans le cadre de MOST, au cours des prochains mois et un atelier international composé d'une dizaine d'experts sera organisé, en vue de préparer un ouvrage sur les transformations sociales.

Les questions suivantes, parmi d´autres, seraient à étudier: la transformation sociale est-elle un concept distinct ? En quoi se distingue-t-il d'autres notions, telles que le changement social ou la transition sociale ? Quels sont ses fondements théoriques ? Peut-on l'utiliser pour désigner une série de phénomènes empiriques, d´ordre social, culturel, politique et économique auxquels il peut s'appliquer avec un degré de précision acceptable ? Peut-il devenir opératoire et conduire à des recherches empiriques, à la collecte de données et à l´élaboration d'indicateurs ? Peut-il devenir l'élément fédérateur d'un nouveau champ interdisciplinaire des sciences sociales ? Peut-il être pertinent en matière d'élaboration des politiques ? A.K.


LA STRATEGIE DE MOST POUR LE DÉVELOPPEMENT DES PROJETS

Seule une stratégie clairement définie va permettre l´élaboration et le financement des projets MOST, ayant pour objectif de promouvoir des recherches internationales, comparatives et pertinentes pour l'élaboration de politiques, visant à produire et à évaluer des connaissances, ainsi qu'à transmettre des informations aux décideurs, aux ONG et aux média.

MOST n'est pas un programme de financement de recherche. Conformément à la vocation de l´UNESCO, il est avant tout destiné à jouer un rôle de catalyseur, générant des idées et facilitant la mise en œuvre d'activités.

Il est conçu comme un programme scientifique cohérent, tout en comportant de multiples facettes. Sa cohérence est à la fois conceptuelle - les transformations sociales - et pratique - construire des ponts entre la recherche indépendante et les décideurs. . En conséquence, il se doit d'être sélectif en termes de qualité, de thèmes, d'objectifs et de résultats. Les caractéristiques de MOST exigent que le développement des projets se fasse selon une approche rigoureusement planifiée et coordonnée. Si le Programme se garde de contrevenir à l´indépendance théorique, méthodologique et professionnelle des chercheurs, le Secrétariat de MOST joue un rôle actif dans le développement des projets. Le Conseil intergouvernemental définit les domaines prioritaires de la recherche, décide des questions de politique générale, et gère les relations avec les autorités gouvernementales y compris les questions de financement; le Comité directeur scientifique, instance autonome, s´occupe des questions scientifiques, de l'évaluation des projets, des questions déontologiques et professionnelles et du développement thématique. Le Secrétariat apporte son assistance à ces deux organes tout en contribuant activement au développement scientifique, à l'élaboration des projets, à la coordination, à la recherche de financements en faveur des réseaux de recherche et à la mise en place de partenariats avec d´autres sources de financement. La mise en réseau et le financement de la recherche à l'échelle internationale étant une entreprise longue et complexe, la participation et le soutien actifs des organes de MOST s'avèrent nécessaires.

Les critères adoptés pour la recherche dans le cadre de MOST, en particulier celui exigeant la participation de réseaux de différents pays à des projets à grande échelle (projets Nord-Sud, Sud-Sud ou Nord-Nord), ont certaines incidences sur la préparation, le déroulement, la coordination, le financement, ainsi que le nombre des projets de recherche susceptibles d´être acceptés sous le label MOST.

Le soutien de MOST au développement des projets comporte deux étapes :

  • au niveau de la préparation du projet, une période d'environ 12 mois est prévue pour la mise en réseau entre les pays, le travail sur le contenu du projet, la méthodologie, et une première prospection des sources de financement. Le Secrétariat de MOST a un rôle de catalyseur et de coordonnateur et apporte un soutien concret aux projets. Dès qu'un projet est approuvé par le Comité directeur scientifique et reçoit le label MOST, une somme d´un montant limité lui est affectée à partir du budget général du Programme, à titre de fonds de démarrage (pour aider par exemple à financer un atelier réunissant des responsables de réseaux afin de finaliser la conception du projet).
  • aux étapes ultérieures de la mise en œuvre du projet, le Secrétariat de MOST continue à accorder son soutien aux réseaux de recherche, qui y participent, jouant un rôle de liaison et de coordination, et surtout leur apportant une aide concrète à la prospection et à la collecte des fonds extrabudgétaires nécessaires à la réalisation du projet. Lors du rendu des résultats attendus à chaque étape du projet, MOST aide à leur diffusion et à leur publication, ainsi qu'à leur mise en forme pour les rendre exploitables en vue de la formulation des politiques.

La conception et le financement de projets internationaux à long terme étant une tâche ardue, MOST ne prévoit de monter et de suivre qu'un nombre restreint de projets à la fois, dont plusieurs émanant de régions en développement. Dans ses démarches pour rechercher des fonds, MOST privilégiera les besoins des réseaux de recherche des pays en développement et en transition et soutiendra leurs initiatives en matière de projets, veillant ainsi à maintenir, au sein du Programme, un équilibre Nord-Sud et Est-Ouest. A.K.


Deuxième réunion du Comité Directeur Scientifique

Le Caire, Egypte, 4-7 décembre 1994

La deuxième réunion du Comité directeur scientifique de MOST a été chaleureusement accueillie au Caire par l'Université Helwan du 4 au 7 décembre 1994. Une quinzaine de projets relevant des trois champs thématiques du Programme ou du renforcement des capacités ont été examinés. Quatre d'entre eux ont été officiellement acceptés et sont donc les premiers à avoir reçu le "label MOST"(se reporter à la rubrique "projets approuvés") ; d'autres ont été retournés à leurs auteurs pour révision et seront réévalués ultérieurement ; d'autres enfin ont été refusés.

De l'avis du Comité, l'UNESCO devrait publier, pour chacun des thèmes de MOST, une déclaration qui fasse autorité. Le Comité a demandé au Secrétariat d'organiser trois séminaires : le premier, sur les politiques multiculturelles, le second, sur l'articulation entre les dynamiques mondiales et locales, le troisième enfin, sur les transformations sociales. Chaque séminaire donnerait lieu à la publication d'un ouvrage de référence qui ferait autorité en matière de questions théoriques, ainsi que dans le domaine de la prise de décision. En conséquence, une collection MOST sera lancée dans un avenir proche, dont le premier volume portera sur les transformations sociales. Les travaux achevés ou en cours paraîtront dans les Contributions thématiques ou dans les Monographies de MOST pour la prise de décision sous le "label MOST".

Liste des membres :
Prof. Elvi-Whittaker, Président (Canada)
Prof. Norbert Lechner, Vice-Président (Chili)
Prof. Narifumi M. Tachimoto, Vice-Président (Japon)
Prof. Yoginder K. Alagh (Inde)
Prof. Maurice Aymard (France)
Prof. Arnlaug Leira (Norvège)
Prof. Antoni Kuklinski (Pologne)
M. Davinder Lamba (Kenya)
Prof. Licia Valladares (Brésil)

Membre ex-officio du Comité Directeur Scientifique :
Prof. Mohammed M. El-Gawhary (Egypte)
Président du Conseil intergouvernemental de MOST


MOST - PROJETS ACCEPTES

HOST : une approche historique comparative des industrialisations nationales : Argentine, Bolivie, Thaïlande, Vietnam

Le Comité directeur scientifique a accordé le label MOST à ce projet lors de sa dernière réunion, en décembre. Ce projet représente un exemple remarquable de coopération internationale et de travail en réseau dans le domaine de la recherche en sciences sociales. Coordonné dans sa phase initiale par une équipe de chercheurs français, il associe quatre pays sur deux continents : les équipes asiatiques sont situées en Thaïlande et au Vietnam, celles d'Amérique latine, en Argentine et en Bolivie. Madagascar, la Turquie, le Bénin et l'Algérie rejoindront ce réseau en 1996.

Ce projet tente d'examiner sous un angle nouveau les théories économiques et sociales du changement, qui inspirent et, dans une certaine mesure, gouvernent depuis trente ans les stratégies du développement des pays du sud. Dès la phase initiale, ce réseau a pris le contre-pied des approches stéréotypées qui, en matière de stratégies du développement, se réfèrent insuffisamment (voire pas du tout) aux situations concrètes et aux spécificités locales dont elles découlent et qui font parfois varier considérablement le processus du développement d'un pays à l'autre. Les résultats préliminaires de la première phase de ce projet comparent ces variables et mettent en lumière les processus de développement propres à chacun des pays (Thaïlande, Argentine, Bolivie, Vietnam) depuis trente ans. Une approche comparative historique des différentes trajectoires de ces quatre pays participant au réseau HOST permettra de préciser plus complètement la définition des politiques de développement propres à chacun d'eux. Dans la première phase du projet, l'accent est mis sur deux aspects particuliers des régimes de croissance. Le premier est l'identification de variables essentielles qui déterminent à long terme les relations entre industrialisation et agriculture. Pour les quatre pays du réseau HOST, ces variables sont à la base d'un grand nombre des spécificités observées, en particulier dans le domaine de la gestion de l'espace, de la spécialisation, de la transformation du marché du travail, et dans la manière de concevoir la formation, l'esprit d'entreprise ou la délocalisation industrielle. Un prochain numéro de la série des "Monographies de MOST" fera état de ces variables et fournira un cadre permettant de les étudier en vue de la formulation des politiques socio-économiques, des politiques de développement et du développement de projets. La deuxième étape de la première phase de ce projet sur cinq ans, consistera à mesurer le rôle joué par l'environnement international mondial, et en particulier l'influence des échanges extérieurs sur l'acquisition de formes et de modèles institutionnels, ainsi que sur le rythme du processus d'industrialisation. La Lettre de MOST donnera régulièrement des informations sur les activités du réseau HOST, annonçant les publications et les séminaires destinés aux décideurs et présentera les résultats des travaux pouvant apporter une aide à la formulation des politiques de développement des quatre pays concernés, et à l'élaboration de projets dans ces mêmes pays ; ils fourniront enfin une base pour les discussions avec les ONG, les spécialistes du développement et les décideurs institutionnels. N.A.


Récolte de caoutchouc dans la province de Dong Nai, Vietnam


Les mots de la ville

Ce projet a reçu le label MOST lors de la réunion du Comité directeur scientifique de décembre 1994, au Caire. Il s'agit d'une initiative internationale à grande échelle. Elle fut prise par un groupe d'experts, après avoir décidé de constituer un réseau international ayant pour objectif d'étudier certaines interactions de l'espace urbain dans différents milieux sociaux et culturels. Ce projet est coordonné par le PIR-Villes, Programme interdisciplinaire de recherches sur les villes du Centre national de la recherche scientifique (France), et prévoit d'associer huit réseaux couvrant huit aires linguistiques : arabe (Afrique du nord, Proche-Orient) ; chinois ; anglais (Canada, Royaume-Uni, Etats-Unis) ; hindi, ourdou, anglais (Inde, Pakistan et Asie du sud) ; italien ; japonais ; russe (Fédération de Russie); espagnol (Amérique du sud - Brésil excepté - Espagne) et portugais (Brésil).

L'objectif général de ce projet collectif est d'élaborer et de mettre au point un glossaire (et non pas un thesaurus) multiculturel et multilingue sur la ville, et d'étudier les catégories et concepts utilisés dans différentes langues pour désigner certains aspects des réalités urbaines, qui ont une incidence importante sur les programmes d'actions et la formulation des politiques dans le domaine des villes.

Ce projet dispose d'un budget initial de 500.000FF, dont la source principale est le PIR-VILLES/CNRS et auquel contribuent également le Ministère de la recherche et de l'enseignement supérieur et la Fondation de la Maison des Sciences de l'homme. J.N.

Villes et developpement social durable

Ce projet a pour objectif de construire une base de connaissances pour la gestion des villes, valable à l'échelle internationale. L'accent sera mis sur les politiques locales et leurs effets, ainsi que sur la relation entre les institutions nationales et les collectivités territoriales. Les relations de cause à effet entre développement social durable et gestion locale des villes seront étudiées par l'analyse comparative et intersectorielle de six domaines majeurs de préoccupation pour les décideurs : territoire urbain et logement ; infrastructures sociales et services publics ; politiques sociales et culturelles ; transports urbains et accessibilité ; emploi et relance économique ; gestion des affaires publiques. Il est prévu de fournir aux chercheurs et aux praticiens une grille pour l'analyse des politiques locales. Quatre grands réseaux de recherche spécialisés dans le domaine des villes participent à ce projet : GURI, Villes et développement, ARNUM et FLACSO.

L'essentiel de l'étude pourrait reposer sur un échantillon d'une douzaine de villes qui feraient l'objet d'une enquête visant à recueillir des données fondamentales : Montréal, Toronto et, si possible, Los Angeles, pour l'Amérique du nord ; un ensemble urbain Randstad aux Pays-Bas, ainsi que Genève et Vienne pour l'Europe ; Mexico City, San Salvador et Sao Paulo pour l'Amérique latine ; Casablanca/Rabat, Nairobi et Le Cap pour l'Afrique. C.S.J.

Université d'été itinérante pour une formation de haut niveau dans les domaines de recherche de MOST

Ce projet envisage de mettre au point un centre de formation spécialisée, réservé aux jeunes chercheurs et aux décideurs institutionnels. Au programme, des cours sur les théories récentes, une formation aux méthodes et techniques de recherche, à la conception de projets, ainsi qu´à la collecte, au traitement et à l´analyse de données. En matière de méthodologie, les cours aborderont des domaines essentiels d'intérêt scientifique et politique, tels que les études de population, le développement de la politique publique, l'analyse sectorielle et les relations interethniques et interculturelles.

Chaque cursus durera environ deux mois. L'équipe pédagogique sera composée d'experts en provenance du pays et de la région où se déroulera le cours, ainsi que d'autres pays. Organisateur potentiel, l'Italie serait à ce titre responsable de l'organisation locale de la formation: salles de cours, matériel et logement, et veillerait au recrutement local des participants. P.d.G.


MOST AU NIVEAU NATIONAL

Fonds-en-dépôt pour les activités de MOST

Quel type de développement est le développement viable ?

Le Ministère fédéral allemand de la recherche et de la technologie a accordé à MOST 191.540 dollars des Etats-Unis, au titre de fonds-en-dépôt, pour l'élaboration et la mise en œuvre de la première phase d'un projet international de recherche intitulé "Vers des paradigmes et des politiques de développement viable".

La première phase de ce projet sera consacrée au développement viable en tant que concept des sciences sociales". Suite à la Conférence des Nations-Unies sur l'environnement et le développement (Rio de Janeiro, 1992) et à la mise en œuvre de l'Agenda-21, ainsi que dans le cadre des travaux de la Commission des Nations-Unies pour le développement durable, le concept de développement durable a été défini principalement dans le contexte de l'écologie. Sans minimiser l'importance de cette interprétation, il n'en reste pas moins qu'une définition unidimensionnelle de la viabilité est réductrice d'un point de vue scientifique et incomplète aux fins de l'élaboration des politiques socio-économiques. Il convient donc de tenter de définir le concept de développement viable dans une perspective interdisciplinaire et multi-dimensionnelle, ouvrant la voie à un nouveau domaine interdisciplinaire de recherche et de politiques. Une telle définition permettrait de rapprocher la théorie et l´acquisition de données et conduire à des recherches empiriques novatrices et au développement d´indicateurs et d'autres instruments utiles à l´action. Une rencontre internationale, prévue pour le début 1996, clôturera la première étape du projet et en définira les étapes suivantes, qui comprendront des projets de recherche et des projets-pilotes, associant des réseaux de recherche de différentes régions.

Nouvelles des Comités de liaison de MOST

Le comité de liaison suisse s'est réuni le 19 décembre dernier, pour commencer à travailler sur l'élaboration d'un projet concernant "Une approche comparative nord-sud sur le rôle des femmes face aux problèmes d'environnement dans les villes petites et moyennes ". La prochaine réunion de ce groupe est prévue pour mi-février.

Le gouvernement indien a désigné le Conseil indien de la recherche en sciences sociales (ICSSR) comme point focal du Programme MOST. Le Conseil a constitué un groupe chargé d'élaborer un projet dans le cadre de ce programme.

Le groupe de liaison français s'est réuni début décembre 1994 pour étudier la possibilité d'organiser une réunion internationale de réflexion sur le thème III de MOST "Gestion locale et régionale des phénomènes économiques, technologiques et environnementaux". Cette rencontre pourrait avoir lieu à l'automne prochain, à Paris.

Pays disposant d´un Comité de liaison MOST :

Argentine, Australie, Autriche, Bénin, Burundi, Canada, Colombie, Costa Rica, Finlande, France, Inde, Iran, Islande, Italie, Japon, Jordanie, Malawi, Malte, Norvège, Pakistan, Philippines, République de Biélorussie, République tchèque, Fédération de Russie, Slovaquie, Suède, Suisse, Thaïlande, Togo, Trinité & Tobago, Tunisie, Vietnam, Zaïre.


Prochaine réunion du Conseil intergouvernemental de MOST
3-7 juillet 1995
Siège de l'UNESCO, Paris

Le Conseil intergouvernemental de MOST :

Algérie, Allemagne, Argentine, Bangladesh, Brésil, Bulgarie, Cameroun, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Egypte, France, République de Guinée, Ghana, Inde, Italie, Japon, Madagascar, Mexique, Pakistan, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Fédération de Russie, Suède, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Yémen, Zambie, Zimbabwe.

Président : Mohammed M. EL GAWHARY (Egypte)
Vice-Présidents : T. DI TELLA (Argentine), N. GENOV (Bulgarie), P. de SENARCLENS (Suisse), K. TONGDHAMACHART (Thaïlande), M.A. HERMASSI (Tunisie), D. CHIMANIKIRE (Zimbabwe)
Rapporteur : M. ZIOLKOWSKI (Pologne)

Prochaine réunion du Comité directeur scientifique de MOST :
29 juin - 3 juillet 1995
Siège de l'UNESCO, Paris


PROCHAINES REUNIONS

Rencontre préliminaire en vue d'un projet sur la Bosnie-Herzégovine

Des experts de Bosnie-Herzégovine, de Croatie, de Slovénie et de la République de Macédoine vont participer à une réunion organisée avec le soutien de MOST à l'Institut pour le développement et les relations internationales de Zagreb, fin mars 1995.

Les discussions auront pour objectif l'élaboration d'un projet sur "Les conditions d'une société civile multiculturelle en Bosnie-Herzégovine".

Conférences régionales

MOST organise une série de conférences en vue de lancer le programme dans toutes les régions du monde. Après celles d'Asie centrale (Bishkek, octobre 1994) et d'Asie (Bangkok, novembre 1994), la prochaine réunion concernant la région Amérique latine se tiendra à Buenos Aires du 28 au 31 mars prochain. Cette rencontre est organisée avec le concours et le soutien financier de la Commission nationale argentine pour l'UNESCO. Une autre réunion pour la région Europe centrale et orientale se tiendra en mai prochain à Budapest (la date exacte sera fixée ultérieurement).

Les réunions régionales de MOST rassemblent des chercheurs en sciences sociales et des décideurs, afin de déterminer les priorités de la région en matière de recherche et de politiques dans les thèmes de MOST. Les prochaines rencontres seront organisées en étroite collaboration avec les Commission nationales pour l'UNESCO des pays d'accueil, l'Argentine et la Hongrie.

La Lettre de MOST rendra compte des points forts de ces réunions dans sa prochaine édition.

MOST invité à la "Conférence mondiale sur la diversité culturelle"

Cette conférence est organisée du 26 au 28 avril prochain à Sydney sous les auspices du Premier Ministre australien, P.J. Keating, pour marquer l'Année Internationale de la Tolérance et le 50ème Anniversaire des Nations-Unies et de l'UNESCO. Les discours d'ouverture et de clôture seront prononcés respectivement par le Secrétaire général des Nations-Unies, M. B. Boutros-Ghali et par le Directeur général de l'UNESCO, M. Federico Mayor.

Prendront part à cette conférence des experts, des décideurs, des dirigeants de communautés culturelles et ethniques et des représentants du monde des affaires, de toutes les régions du monde. Parmi les principales questions à l'ordre du jour, il y a la cohésion sociale et la diversité, et les moyens d'aborder cette dernière dans ses dimensions sociale, culturelle, éducative, économique et politique. Les relations entre les politiques publiques et multiculturalisme et les actions novatrices dans ce domaine feront également l'objet de discussions.

Un document MOST, de la série " Politiques sociales ", traitant du multiculturalisme, sera présenté à Sydney. Il est prévu que le Programme participe au suivi de la Conférence.

Réunion sous-régionale des Etats du Pacifique

Cette réunion se tiendra à Sydney (Australie) début mai 1995 ; elle fait partie du cycle de Conférences régionales et sous-régionales de MOST destinées à discuter des perspectives de recherche et de politiques et des priorités dans le cadre des thèmes de MOST, ainsi que des activités qui pourraient être lancées sur la base de coopérations.

Cette conférence est organisée grâce au soutien de la Commission nationale australienne pour l'UNESCO et de l'Académie australienne des sciences sociales.


SOMMAIRE DES REUNIONS ECOULEES

Asie Centrale: Points forts de la Conférence sous-régionale

(Bishkek, Kirghizistan, 25-27 octobre 1994)

Une quarantaine de chercheurs en sciences sociales du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et de l'Ouzbékistan ont assisté à cette réunion, à laquelle le PNUD, Radio Liberté et l'Institut français d'études pour l'Asie centrale de Tachkent étaient représentés. Les participants ont souligné avec insistance le besoin d'indépendance de la recherche en sciences sociales dans cette région et la nécessité pour les gouvernements d'accepter l'idée que l'efficacité de la recherche aux fins de la formulation des politiques dépend étroitement de son autonomie scientifique.

Les discussions ont fait émerger le souhait de voir renforcer la coopération régionale par la création d'un Centre des sciences sociales de l'Asie centrale, qui pourrait favoriser la formation à la recherche, le développement des curricula, la création d'un centre de documentation et l'accès à des données des sciences sociales par l'intermédiaire des réseaux électroniques. Ce centre pourrait être créé en collaboration avec l'Institut international d'études de l'Asie centrale de Samarcande, qui va être fondé avec l'aide de l'UNESCO. Il est apparu souhaitable de procéder tout d'abord à une étude de faisabilité - dont MOST sera chargé - pour déterminer les possibilités d'implanter ce centre à Bishkek. Le bureau local du PNUD à Bishkek sera sollicité pour cette étude.

Suite à cette réunion, deux projets seront examinés par le Comité Directeur Scientifique. Le premier, un programme régional de sciences sociales appelé SOCIUM émanant de l'Université nationale d'Etat de Kirghizistan, vise à organiser et coordonner, à l'échelon régional, les activités de recherche et d'enseignement liées aux sciences sociales. SOCIUM a également pour objectif des actions de formation de haut niveau pour les chercheurs en sciences sociales, ainsi qu'un remaniement des programmes de l'enseignement supérieur de certaines universités sélectionnées à cet effet.

Le second projet issu de cette rencontre est un séminaire de formation destiné aux décideurs et aux chercheurs des républiques d'Asie centrale, afin de les initier à la gestion de pays démocratiques ayant des structures multiculturelles et multiethniques. Des députés, des hauts fonctionnaires et des chercheurs dans le domaine politique participeraient à ce séminaire. La coopération de pays ayant l'expérience d'une gestion démocratique pluraliste - telle la Suisse - est vivement souhaitée. P.d.G.

Asie: Points forts de la Conférence Régionale

(Bangkok, 21-24 novembre 1994)

Soixante universitaires, décideurs et spécialistes du développement de vingt-et-un pays d'Asie ont participé à cette conférence régionale. Les discussions sur le projet HOST (voir plus haut, Projets MOST acceptés) ont constitué l'un des points forts de cette rencontre. Les participants ont souligné que le phénomène des migrations est une question prioritaire dans de nombreux pays d'Asie du sud-est et ont relevé l'absence quasi-totale d'informations sur les conséquences à long terme, dans le domaine social, culturel et politique, de la diversité ethnique croissante découlant des flux migratoires en Asie. Le Centre d'études multiculturelles de l'Université Wollongong (Australie) prépare actuellement un projet de recherche comparative sur ce sujet, en collaboration avec neuf pays d'Asie. La question de la pauvreté a, elle aussi, fait l'objet de discussions approfondies et les participants ont proposé qu'un projet MOST soit élaboré pour répondre aux conclusions du rapport 1994 de l'Association sud-asiatique de coopération régionale sur la pauvreté. Lors de la table ronde sur les conséquences socio-économiques du virus HIV et du Sida en Asie, les débats ont mis en évidence dans toute son ampleur le terrible impact de la maladie sur toutes les couches de la société. Des initiatives seront prises dans le cadre de MOST, conformément aux recommandations du PNUD et de l'UNICEF, afin de coordonner des actions en vue de lancer un vaste projet de recherche sur le terrain, ayant pour objectif de déterminer comment le virus et la maladie affectent la vie des femmes et des enfants et quels programmes d'aide peuvent être mis en œuvre afin de répondre à leurs besoins spécifiques. En ce qui concerne la recherche sur les villes, il a été envisagé d'organiser au printemps 1995 une réunion sous-régionale sur l'urbanisation dans le sud-est asiatique, afin de préparer un projet dans ce domaine. Le rapport de la réunion de Bangkok, ainsi que les recommandations qui y ont été adoptées, sont disponibles sur simple demande auprès du Secrétariat de MOST. Le Secrétariat de MOST est reconnaissant au Gouvernement japonais du soutien financier qu'il a apporté à la préparation de cette conférence. N.A.


TRIBUNE DES LECTEURS (OPINIONS)

Cette nouvelle rubrique de la Lettre de MOST a été créée afin d'offrir aux lecteurs la possibilité d'exprimer leur opinion sur nos articles et de communiquer leurs expériences dans les domaines d'activité qui sont les nôtres. Si vous êtes intéressé, adressez votre (brève) contribution à la Rédaction.


Secrétariat de MOST:

Secrétaire exécutif et Directeur de la Lettre de MOST :
Ali Kazancigil

Rédacteur en chef et thème des sociétés multiculturelles et multiethniques :
N. Auriat
E-mail: n.auriat@unesco.org

Gestion locale et régionale des transformation économiques, technologiques et environnementales :
J. Nkinyangi et F. Rademacher

Centre d'échange d'informations et renforcement des capacités :
P. De Guchteneire

Consultant sur le thème des Villes :
Céline Sachs-Jeantet

Demandes de documentation sur MOST :
Catherine Bauer

Assistante administrative : D. Corbinaud
Secrétaire principale : María J. Gutiérrez

Mise en page et impression : EGOPRIM
Graphiques : T. Kerscher
Illustrations : Florence Bonjean
Photos : J.N. Desoye (Rapho), Tom van Sant/Geosphere Project (Santa Monica/Science Photo Library), Maria Dorigny (R.E.A.).

Les comités de liaison nationaux de MOST et les Commissions nationales pour l'UNESCO sont invités à fournir à la rédaction des informations sur les activités de leur pays dans le cadre de MOST, afin qu'elles soient publiées dans les prochaines éditions de cette Lettre.

Les ministères, ONG, centres de recherche, universités et autres agences des Nations-Unies collaborant à des projets de recherche en sciences sociales peuvent envoyer à la rédaction des informations pour diffusion dans cette publication.

Cette publication est adressée aux universités, centres de recherche, agences pour le développement et agences des Nations-Unies dans le monde entier.

Publication trimestrielle en anglais, espagnol et français.


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