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Lettre de MOST No. 1
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Lettre de MOST
No. 1 - Décembre 1994
également disponible en
anglais et en espagnol


Message du Directeur Général

Je suis très heureux de vous présenter ce premier numéro de la Lettre de MOST. Avec le programme "Gestion des transformations sociales" (Management Of Social Transformations), l'UNESCO a pris une initiative d´envergure dans le domaine des sciences sociales.

Notre monde connaît à l'heure actuelle des transformations d'une ampleur et d'une rapidité sans précédent. Certaines sont positives, comme les progrès de la démocratie en Afrique du Sud et en Europe centrale et orientale, le processus de paix au Moyen-Orient, le recul de l'analphabétisme à l'échelon mondial et l'amélioration des conditions sanitaires dans de nombreux pays. Cependant, la croissance des inégalités à l'intérieur et entre les nations, les tensions et conflits ethniques de toutes sortes, le chômage, les mouvements migratoires, l'insécurité et la misère dans les villes sont autant de phénomènes propres à susciter l´inquiétude. Si nous voulons façonner notre avenir pour qu'il devienne autre chose qu'une simple extension d'un présent profondément divisé, il est essentiel d´imaginer de nouvelles démarches pour contrôler et résoudre les problèmes, ainsi que formuler des politiques appropriées.

Pour ce faire, il convient que la formulation des politiques et l'élaboration des stratégies (pour résoudre les problèmes) se fassent en dehors des schémas ad hoc et des cadres de référence étroits et à court terme. Dans notre monde actuel, complexe et troublé, qui ne peut plus payer le prix de mauvaises décisions, il est essentiel de réaliser que la mise en oeuvre d'un développement durable dépend rigoureusement du traitement de problèmes sociaux qui continuent d´exister, malgré les efforts entrepris aux niveaux national et international. Leur solution nécessite donc que des approches et des idées nouvelles soient adoptées.

Le programme MOST est la réponse de l'UNESCO à ce défi lancé aux décideurs et aux chercheurs. En favorisant une recherche interdisciplinaire et pertinente pour la prise de décision, ce programme vise à produire les informations et les analyses de qualité qui sont indispensables pour aborder les problèmes d'instabilité croissante liés à un accès inégal aux richesses, à l'emploi et aux ressources naturelles. Il a également pour objectif de faire progresser l'expertise et les capacités endogènes dans le domaine des sciences sociales et de l'élaboration des politiques, et cela, quel que soit le niveau de développement des pays considérés. Il est donc conçu pour servir de pont entre les chercheurs en sciences sociales et les décideurs.

Dans sa première année d´existence, MOST a déjà reçu de nombreux appuis de la part d'Etats Membres de l'Organisation, ainsi que de la communauté scientifique internationale, appuis qui sont à n'en pas douter la clé de son développement et de ses futurs succès.

    Federico Mayor
    Directeur Général de l'UNESCO

Recherche en sciences sociales et prise de décision : nouvelles approches pour un débat pérenne

Les sciences sociales sont une clé pour comprendre en profondeur un grand nombre de problèmes socio-économiques. Depuis trente ans, les universités, les organismes de développement et les gouvernements ne cessent d'enjoindre les chercheurs en sciences sociales à participer à l'élaboration, à la mise au point et à l'évaluation des politiques sociales, partant du principe que plus les connaissances produites par les sciences sociales seront utilisées, meilleure sera la formulation des politiques.

Durant toutes ces années, ce mouvement a provoqué un débat sur les questions inhérentes à la tentative de rapprochement entre recherche et formulation des politiques. Certaines de ces questions sont: : la théorie des "deux communautés" développée par Nathan Caplan ; l'état et l'évolution de l'art des sciences sociales ; les procédures relatives aux politiques et aux programmes sociaux; la méthodologie de la formulation des politiques ; la neutralité, les valeurs et les allégeances des chercheurs en sciences sociales ; la philosophie de la production d'un savoir indépendant, par opposition à une recherche commandée par les utilisateurs. Un grand nombre de ces questions, dont l'intérêt est manifeste, ont été abordées - notamment dans des publications - par les producteurs et les utilisateurs de la recherche en sciences sociales, permettant de constituer un fonds documentaire important sur l'élaboration et l'utilisation des connaissances dans ce domaine.

L'usage qui est fait de la recherche en sciences sociales varie d'un pays à l'autre, même si la plupart des chercheurs - à l'exception peut-être des économistes - ont tendance à déplorer que leur travail est utilisé insuffisamment. Alors qu'un certain nombre de pays ont intégré progressivement les résultats de la recherche dans les domaines socio-économique et du comportement à l'élaboration et à la mise en œuvre des politiques, l'usage de la recherche en sciences sociales demeure, dans de nombreux pays, trop marginalisé par rapport au processus de prise de décisions, et affaibli par un manque considérable de ressources financières, institutionnelles et scientifiques.

Au niveau national, de nombreux centres de recherche en sciences sociales ont mis au point des programmes ayant pour objectif premier d'apporter leur soutien à une recherches pertinente pour l'élaboration de politiques. Ainsi, le Centre canadien de recherches en sciences sociales et humaines dispose-t-il d'un programme de subventions stratégiques, qui finance, dans des secteurs bien déterminés, une recherche orientée vers la prise de décisions. Le Centre indien de recherche en sciences sociales apporte son soutien au Centre de recherches appliquées à la politique, au Centre de recherches pour un développement multi-disciplinaire et enfin au Centre de recherches pour le développement rural et industriel. De nombreux Centres de recherches ou Instituts pour le développement en Asie, Amérique latine, Afrique et dans le Monde arabe apportent leur soutien à ces centres de recherches orientées vers la prise de décisions, ou disposent eux-mêmes de programmes analogues. Au niveau international, l'Institut de recherche pour le développement social des Nations-Unies a mis au point des programmes axés sur les questions sociales, économiques et politiques. Une analyse et une évaluation rapide des situations en cours sont effectuées et les informations qui en découlent sont communiquées aux décideurs. Cette méthode, basée sur une rapide étude de cas, a beaucoup de succès, car elle fournit des résultats en temps réel, répondant ainsi au sentiment d'urgence qui domine chez les décideurs, lorsqu'ils doivent affronter une situation de crise. Après avoir étudié les besoins en matière d'élaboration de politiques et la capacité de la recherche en sciences sociales à alimenter ce processus (d'élaboration), l'UNESCO a conçu le programme MOST pour compléter la recherche à court terme. MOST se concentre sur une recherche à plus long terme, car une recherche à court terme, bien que précieuse pour la rapidité de ses résultats, aborde rarement les questions fondamentales, se contentant de survoler de nombreuses structures sociales qui de par leur nature complexe et hétérogène mériteraient de faire l'objet d'une étude à plus long terme. Bien que plus coûteux en termes de budget et de temps, il est à prévoir que les résultats des projets MOST représenteront des contributions significatives, car leur durée va permettre une analyse plus profonde et plus révélatrice de situations mouvantes. Tout projet ayant reçu le label MOST produira des résultats à court, moyen et long terme, comme l'exige le processus d'élaboration des politiques. Le programme MOST va donc favoriser, sur une période allant de six à huit ans, un échange de vues et de savoir continu entre la communauté scientifique et les décideurs, dans l'espoir que les gouvernements des différents Etats-membres ouvriront leurs structures au flux de connaissances scientifiques générées par les projets MOST. Les Etats-membres sont invités à faire preuve de créativité en organisant des débats et des ateliers spécialisés dans le cadre de MOST, afin de susciter le dialogue entre les communautés scientifiques et les décideurs auxquels il appartient d'approuver les politiques qui vont ensuite affecter notre vie quotidienne.

    Francine Fournier
    Sous-Directeur Général pour les Sciences humaines et sociales

Présentation du MOST : Objectifs, structures et activités

    Objectifs :

Ce programme a pour objectif principal de soutenir une recherche internationale, interdisciplinaire, comparative et pertinente pour l'élaboration de politiques dans le domaine des transformations sociales contemporaines. Les informations découlant des projets MOST doivent être présentées de façon à rendre les résultats de la recherche accessibles et utiles aux décideurs et aux chercheurs d'autres disciplines. L'ambition de créer un pont entre une recherche indépendante, de haute qualité, menée à relativement long terme et les décideurs est un trait caractéristique de ce programme. Le programme MOST a été créé officiellement par la Conférence Générale lors de sa 27ème session en novembre 1993 et est devenu opérationnel en janvier 1994. Il est piloté par un Conseil Intergouvernemental comprenant 33 Etats Membres et par un Comité Directeur Scientifique composé de neuf experts en sciences sociales de haut niveau. Le premier se réunit tous les deux ans pour déterminer les lignes d'actions, les priorités thématiques, les relations entre le programme et les gouvernements et passer en revue les besoins en matière de budget. Le second, qui comprend deux sessions par an, est responsable de la qualité scientifique et professionnelle des activités de MOST et a tout pouvoir de décisions dans ce domaine. Le Secrétariat de MOST lance et coordonne l´ensemble des activités.

MOST est en relation étroite avec les communautés de chercheurs en sciences sociales aux niveaux national et régional par l'intermédiaire des groupes de liaison nationaux de MOST, des universités, des centres de recherche, des organisations régionales des sciences sociales telles que l'AASSREC en Asie, le CODESRIA en Afrique, le CLACSO et le FLACSO en Amérique latine et enfin d'organismes professionelsinternationaux tels que le CISS, l'AIS, l'AISP, l'AISE, l'UISAE, l'UGI, etc. Ce programme a également des liens avec les agences pour le développement, la Communauté européenne, la Fondation européenne pour la science, l'Université des Nations- Unies, ainsi qu'avec d'autres agences des Nations-Unies et les institutions de Bretton Woods.

En matière de recherche orientée vers la prise de décisions et de renforcement des capacités, MOST concentre ses moyens sur trois aspects essentiels des transformations sociales contemporaines : les sociétés multi-culturelles et multi-ethniques, les villes , et l'articulation entre les dynamiques mondiales et locales.

Sociétés multi-culturelles et multi-ethniques

Les schémas associant régionalisation et mondialisation se multiplient à notre époque; ils provoquent un déplacement des solidarités, la remise en question des frontières, et mettent les gouvernements devant un défi de taille en matière de politique publique : comment consolider l'intégration sociale dans le respect de la diversité ethnique et culturelle ? L'explosion des conflits "ethniques" depuis la fin de la guerre froide a fait renaître parmi les chercheurs en sciences sociales et les décideurs le débat sur la pertinence de l'ethnicité dans la société contemporaine, mettant particulièrement en évidence la nécessité de prendre en compte l'ethnicité et le multiculturalisme lors de l'élaboration et de la mise en oeuvre de politiques sociales et économiques. Il est à présent largement reconnu que le développement de la communication transnationale et la mise en place de structures politiques et économiques intégrées ne vont pas émousser les sentiments d'identité culturelle ou ethnique. Que ce soit dans le domaine de l'éducation, de la santé, de l'aide sociale ou de la justice, les décideurs sont dans l'obligation de formuler des politiques qui favorisent et soutiennent une coopération multi-culturelle et multi-ethnique harmonieuse.

Les villes comme lieux de transformations sociales accélérées

Les questions relatives à la planification et à la gestion des zones urbaines et rurales sont nombreuses, complexes et bien connues. L'accès à la terre et au logement, aux services et aux infrastructures, la sécurité des individus, le développement de la communauté, la pollution, la marginalisation et l'exclusion ne sont que quelques-uns des problèmes à résoudre, dans la lutte pour humaniser des métropoles en pleine croissance. Les chiffres avancés par les démographes du monde entier font état d'un taux de croissance explosif, laissant prévoir une augmentation de la population dans des milieux urbains déjà ingérables: scénario de l'an 2000 assombri. Que ce soit dans les pays développés ou dans les pays en développement, le problème de la gestion urbaine est étroitement lié au développement rural et à celui de la communauté. L'articulation rural-urbain représente un cadre théorique nécessaire pour la recherche et l'élaboration des politiques, afin de trouver des solutions aux problèmes de désertification et de migrations urbaines, ainsi qu'aux problèmes socio-économiques connexes.

La gestion locale et régionale des transformations économiques, technologiques et environnementales :

Les transformations vécues par la communauté internationale au cours des dernières années (le démantèlement du bloc communiste et la disparition de la ligne de partage est-ouest, la prise de conscience croissante des relations étroites entre paix, développement, protection de l'environnement, et respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sans oublier le changement d'idéologie qui a permis ces transformations) ont contribué à accélérer le processus de mondialisation de l'économie. Cette mondialisation croissante se reflète dans un nombre important de tendances : l'augmentation de la part du commerce dans la production mondiale ; l'intégration des marchés financiers ; les influences conjuguées de l'esprit d'entreprise et de l'innovation, avec en particulier l'emploi de nouvelles techniques de management, l'application dynamique des sciences et technologies et l'action des partenaires sociaux (gouvernements, industriels et syndicats) ; enfin, l'importance croissante des communications internationales, qui fait partie intégrante de ces processus. L'ampleur, la direction et l'impact de ces transformations dans différentes régions et groupes de pays, à court et à long terme, demandent à être mieux connus et intégrés dans une politique sociale avertie, si l'on veut que le paradigme émergent de "développement centré sur les individus" trouve son expression concrète dans l'amélioration objective de la qualité de vie du plus grand nombre.

Jusqu'à la fin du siècle et au cours du prochain, les pays doivent s'atteler à une vaste tâche commune en se dotant de moyens plus efficaces en matière de développement humain, afin de fournir une réponse appropriée aux nouveaux défis. La recherche en sciences sociales a donc pour mission de fournir des perspectives nouvelles pour aborder les problèmes qui se présentent. Comment les différentes sociétés peuvent-elles par exemple susciter un processus dynamique qui donnerait aux hommes et aux femmes les moyens d'acquérir, selon leurs talents et leurs aspirations, les connaissances, les compétences, les attitudes et le savoir-faire nécessaires pour accélérer le développement social et économique ? Quelles perspectives laisse présager pour l'emploi la mondialisation de l'économie ? Quelles nouvelles incidences la mondialisation pourrait-elle avoir sur la transformation des modes de travail ou la redéfinition de la division sociale du travail entre pays et à l'intérieur des pays, entre les individus ou entre les sexes ? Quelles conséquences les avancées spectaculaires de certains pays dans le domaine de la science et de la technologie (éléments-clé du processus de mondialisation) ont-elles sur le plan social et économique et à l'inverse, qu'implique un retard dans ces domaines pour les pays concernés ? Quels sont les défis - ou plutôt les difficultés - spécifiques aux pays moins industrialisés et à celles que l'on nomme les "économies en transition" ? Quelles sont les incidences d'une demande de compétences nouvelles sur les ressources humaines ? Comment les pays peuvent-ils renforcer et affermir le rôle des universités et autres instituts de recherche en tant que centres d'innovation ?

Aperçu des activités en cours :

Plusieurs projets traitant de questions relatives à l'un des trois thèmes de MOST sont actuellement étudiés par le Comité Directeur Scientifique et/ou révisés conformément à ses instructions. D'autres, en préparation, aborderont des thèmes aussi variés que le développement durable ; le conflit du Rwanda ; les transformations sociales dans les régions arctiques ; les incidences, dans la région Asie-Pacifique, de la diversité ethnique croissante due aux mouvements migratoires récents ; l'impact des processus mondaux en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Dans chacune de ses éditions, la Lettre de MOST fera un point complet des projets en cours.

Une série de conférences régionales et sous-régionales est actuellement organisée pour repérer les priorités et les manques de chaque région en matière de recherche et de politiques ou pour discuter de projets de recherche à grande échelle. Quatre réunions sont en cours ou ont déjà eu lieu : Ottawa, Canada (décembre 1993), Vienne, Autriche (février 1994), Bishkek, Kirghistan (octobre 1994) et Bangkok, Thaïlande (novembre 1994). D'autres sont prévues pour le premier semestre 1995, à Tromsö, Norvège (janvier 1995), Berlin, Allemagne (mars 1995), Copenhague, Danemark sur des questions relatives au développement social en conjonction avec le Sommet mondial pour le développement social (mars 1995), Buenos Aires, Argentine (juin 1995), ainsi qu'en Afrique, en Europe centrale et orientale, dans les Etats arabes et en Amérique centrale.

Au chapitre du renforcement des capacités, l'Italie a pris l'initiative d'un projet visant à créer une université d'été de MOST. Le dossier est actuellement à l'étude. Dans le même domaine, un autre projet élaboré avec la collaboration de l'International Social Survey Programme (Programme international d'études sociales) vise à renforcer, dans les pays en développement, les capacités de recueil, d'enregistrement et d'analyse des données. Le volet renforcement des capacités va se développer progressivement jusqu'à assurer à de jeunes chercheurs une formation "sur le tas" et à apporter un soutien aux institutions scientifiques.

Dans le cadre des "Contributions thématiques pour MOST", une série d'évaluations sur la recherche et les politiques dans les domaines suivants : le développement social durable, les villes, le conflit du Rwanda et les politiques publiques multiculturelles est en cours de préparation.

    Ali Kazancigil
    Secrétaire exécutif de MOST

MOST au niveau national :

En avril 1994, tous les Etats Membres de l'UNESCO ont été invités à créer leur propre groupe de liaison de MOST, afin de faciliter le développement du programme et le contact direct avec les chercheurs en sciences sociales et avec les décideurs institutionnels. Les adresses de ces antennes du programme MOST peuvent être obtenues auprès des Commissions nationales de chaque pays. La procédure adoptée par la Norvège, qui est présentée ci-dessous, intéressera sans doute les pays qui n'ont pas encore constitué leur groupe de liaison.

MOST en Norvège : une initiative marquante

La Commission nationale norvégienne a organisé le 14 juin dernier avec la collaboration du Centre de recherche norvégien un séminaire MOST auquel ont participé de nombreux représentants des universités, des établissements d'enseignement supérieur et des instituts de recherche norvégiens. Les comités finlandais et suédois du MOST étaient également représentés. Un rapport sur les activités de recherche menées en Norvège a été distribué au cours de cette réunion - une excellente initiative témoignant d'une grande activité dans le cadre des thèmes de recherche de MOST. D'autres Commissions nationales peuvent souhaiter imiter cet exemple. Au cours du séminaire, les discussions ont porté sur les différentes façons d'aborder les thèmes de MOST et sur la manière d'utiliser le vaste potentiel de recherche de la Norvège dans le cadre de ce programme. La Norvège pourrait coordonner ses efforts sur le thème des "études comparatives des conditions pour l'instauration de la paix et la reconstruction dans les sociétés multiculturelles et multiethniques en proie aux conflits". Le Comité Directeur Scientifique de MOST a estimé que ce sujet était parfaitement cohérent avec le thème I de MOST " Gestion des sociétés multiculturelles et multiethniques". La Norvège a également pris l'initiative d'organiser un séminaire sous-régional d'experts à l'Université de Tromsö en février 1995, avec pour objectif de mettre au point les bases théoriques et conceptuelles du thème III de MOST "La gestion locale et régionale des transformations économiques, technologiques et environnementales." Participeront essentiellement à ce séminaire des représentants des pays nordiques, du Canada et de la Russie.

En 1994, la Commission norvégienne pour l'UNESCO en étroite collaboration avec le Centre national de la recherche poursuit ses efforts en vue de créer une antenne norvégienne de MOST. Dès 1995, le Centre national de la recherche assumera une part croissante de responsabilités en accordant son soutien à l'élaboration des projets ainsi qu'à l'établissement de réseaux norvégiens et internationaux.

Allemagne : à la recherche de nouveaux modèles de développement durable

En cours de préparation, un projet international à grande échelle sur la viabilité planétaire et ses conséquences sur les modèles de développement. La première étape sera un atelier international en mars 1995, en Allemagne, qui permettra d'aborder des questions conceptuelles, méthodologiques et politiques, et d'élaborer la trame du projet. Le Ministère fédéral allemand de la Recherche et de la Technologie apporte son soutien à ce projet.

Italie : projet d'Université d'été de MOST

Le groupe de liaison italien de MOST travaille en collaboration avec l'Université de Florence et le Secrétariat de MOST afin de créer une Université d'été de MOST, visant à donner aux jeunes chercheurs et aux décideurs des pays en développement une formation de haut niveau dans les domaines de la méthodologie sociologique, des techniques de recherche, et de l'élaboration des projets dans les domaines de recherche de MOST. Chaque session de l'Université d'été se déroulera, à partir de 1996, dans un pays en développement, choisi par MOST. Le pays-hôte pourra mettre ses installations à disposition.

Les programmes d'aide au développement du Ministère italien des Affaires étrangères doivent assurer le financement de ce projet.


Pays disposant de groupes de liaison de MOST :

Argentine, Australie, Autriche, Bénin, Burundi, Canada, Colombie, Costa Rica, Finlande, France, Islande, Iran, Italie, Japon, Jordanie, Malawi, Malte, Norvège, Pakistan, Philippines, République de Biélorussie, Russie, Slovaquie, Suède, Suisse, Thaïlande, Togo, Trinité & Tobago, Vietnam, Zaire.


Comment participer à MOST ?

Les réseaux de recherche qui souhaitent participer au programme MOST doivent faire appel à leur Commission nationale pour l'UNESCO, qui leur fournira des informations détaillées sur les procédures de soumission des projets. Institutions et personnes privées peuvent également demander à leur Commission nationale de figurer au fichier de MOST, afin de recevoir cette lettre et autres renseignements concernant le programme. Les institutions appartenant à des Etats non-membres de l'Organisation, notamment les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, peuvent s'adresser directement au Secrétariat de MOST, à Paris, afin d'obtenir des informations sur les procédures de participation.


Réunions récentes ou en cours :

Réunion sous-régionale d'Asie centrale
Bishkek, République Kirghize, 25-27 octobre 1994

Cette consultation avait pour objectif de faire le point sur les principales questions qui se posent aux décideurs dans le domaine des transformations sociales en Asie centrale. Bien qu'avec des nuances qui leur sont propres, chacun des cinq pays de la région, le Kazakhstan, la République kirghize, l'Ouzbékistan, le Turkménistan et le Tadjikistan vivent des transformations sociales et économiques rapides. Celles-ci offrent une occasion unique d'examiner comment une recherche orientée vers la prise de décisions peut aider ces gouvernements à gérer les transitions en cours. Le public de cette réunion était composé essentiellement de chercheurs, de hauts fonctionnaires provenant de ces républiques d'Asie centrale et de représentants d'agences internationales pour le développement. Résultat de cette rencontre : un avant-projet définissant les questions à résoudre en priorité par les décideurs et proposant des stratégies pour la formulation des politiques dans la région. Le renforcement des capacités dans le domaine de la méthodologie de la recherche et de l'élaboration d'une politique publique fera l'objet d'une attention particulière.

Gestion des transformations sociales en Asie : Conférence régionale de MOST
(Bangkok, 21-25 novembre 1994)

Cette réunion de haut niveau concernant la région Asie fait partie de la série de conférences régionales organisées par MOST. Elle rassemblera des décideurs et des spécialistes provenant d'universités, d'organisations internationales et d'instituts nationaux de recherche appliquée, afin de repérer les points faibles dans le domaine des connaissances et de la recherche relatives aux thèmes de MOST dans la région Asie principalement. Elle comportera cinq tables-rondes sur les thèmes suivants : multi-culturalisme et multi-ethnicité en Asie, en accordant une attention particulière aux conflits et à la coopération ethniques, ainsi qu'à la formulation d'une politique publique prenant en compte la diversité ethnique ; la pauvreté, avec un projet de recherche appliquée à la prise de décision que propose la Commission indépendante pour le soulagement de la pauvreté dans le Sud-est asiatique ; urbanisation, misère urbaine et conséquences sur les politiques sociales et économiques de la relation villes/campagnes dans les pays d'Asie : au cours de cette table-ronde sera également discuté le projet Med-Urbs - commun au PNUD et à la Banque mondiale - en Asie, avec mise au point d'un suivi de projet pour MOST ; les effets en Asie, au niveau régional et sous-régional, des flux transnationaux dans les domaines de l'environnement, de l'économie et des technologies ; les conséquences sociales et économiques du virus HIV et du SIDA en Asie, et les besoins en matière de recherche et de politiques.

Les point essentiels des discussions seront présentés dans la prochaine édition de la Lettre de MOST.


Sommaire des réunions écoulée :

Première réunion du Conseil intergouvernemental de MOST

Le Conseil intergouvernemental de MOST a tenu sa première réunion du 7 au 10 mars 1994, donnant le coup d'envoi officiel du programme MOST à l'UNESCO. Ont assisté à cette rencontre des représentants des 33 Etats-Membres du Conseil et un grand nombre d'observateurs appartenant à des organisations internationales gouvernementales et non-gouvernementales, à des universités, à des centres de recherche et à des associations de sciences sociales. Les Etats Membres ont reconnu l'importance de la recherche en sciences sociales pour régler de nombreux problèmes de développement et apporté le soutien de leurs gouvernements aux objectifs et à la structure du programme.

Voici quelques-unes des recommandations adoptées par le Conseil :

  • les problèmes fondamentaux de la religion, de la pauvreté, de l'exclusion, de l'inégalité entre les sexes, de la jeunesse et du sous-développement devraient être pris en considération dans le cadre des thèmes de MOST ;
  • le renforcement des capacités scientifiques et institutionnelles pour la recherche doit être une activité essentielle de MOST ;
  • MOST devrait s'appuyer autant que possible sur les réseaux nationaux et régionaux existants ;
  • MOST doit mettre en œuvre des recherches nouvelles, mais aussi des recherches basées sur l'analyse et l'évaluation des connaissances scientifiques existantes. Le professeur Alain Touraine, directeur de recherches à l'Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris a donné au conseil un "discours-programme" sur les transformations sociales. Le compte rendu complet de cette première session du Conseil intergouvernemental de MOST, y compris l'intervention du professeur Touraine, est disponible sur simple demande adressée au Secrétariat de MOST à Paris.
Le Conseil intergouvernemental de MOST :

Algérie, Allemagne, Argentine, Bangladesh, Brésil, Bulgarie, Cameroun, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Egypte, France, Ghana, République de Guinée, Inde, Italie, Japon, Madagascar, Mexique, Pakistan, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Fédération de Russie, Suède, Suisse, Thaïlande, Togo, Tunisie, Yémen, Zambie, Zimbabwe.

Président: Mohamed M. EL-GAWHARY (Egypte)
Vice-Présidents : T. DI TELLA (Argentine), N. GENOV (Bulgarie), P. DE SENARCLENS (Suisse), K. TONGDHAMACHART (Thaïlande), M.A. HERMASSI (Tunisie), D. CHIMANIKIRE (Zimbabwe)
Rapporteur: M. ZIOLKOWSKI (Pologne)

Prochaine réunion du Conseil intergouvernemental de MOST : 3-7 juillet 1995, au siège de l'UNESCO à Paris.

Première réunion du Comité Directeur Scientifique

29 juin - 1er juillet 1994, siège de l'UNESCO, Paris.

L'essentiel des travaux du Comité a porté sur des discussions relatives aux stratégies de recherche, aux procédures de soumission des projets, au développement thématique et à la révision des projets soumis au titre du programme. Les membres du Comité ont reconnu à l'unanimité qu'il était important d'organiser des réunions régionales de MOST, leur objectif étant d'aider à établir des priorités de recherche et à identifier les besoins en matière de politiques, et d'apporter une contribution importante à l'élaboration des projets.

L'idée de créer une série de contributions axées sur la prise de décision - outil de référence pour les chercheurs et source d'information pour l'élaboration des politiques - a été approuvée. Une autre série, dite de contributions thématiques, mettra l'accent sur des problèmes plus théoriques relevant des domaines de recherche de MOST. Le Comité a approuvé, après examen approfondi, les instructions pour la présentation des projets MOST. Ce document est à présent disponible auprès des Commissions nationales pour l'UNESCO et auprès du secrétariat de MOST.

La discussion a ensuite porté sur un certain nombre de questions particulièrement complexes, comme le niveau d'implication du Comité dans l'élaboration des projets (aux premiers stades de leur conception ou sur des dossiers finalisés), les moyens de faire face aux difficultés qui peuvent surgir lorsqu'une recherche scientifique indépendante met en question les politiques existantes ou les idéologies dominantes, et enfin les considérations découlant de la différence entre les sexes lors de la formulation des problématiques. La prochaine réunion du Comité Directeur Scientifique doit se tenir prochainement au Caire, en Egypte, du 4 au 6 décembre 1994.

Liste des membres :
Prof. Elvi-Whittaker, Président (Canada)
Prof. Norbert Lechner, Vice-Président (Chili)
Prof. Narifumi M. Tachimoto, Vice-Président (Japon)
Prof. Yoginder K. Alagh (Inde)
Prof. Maurice Aymard (France)
Prof. Antoni Kuklinski (Pologne)
Mr. Davinder Lamba (Kenya)
Prof. Licia Valladares (Brésil)

Membre ex-officio du Comité Directeur Scientifique :
Prof. Mohamed M. El-Gawhary,
Président du Conseil intergouvernemental de MOST


MOST centre d'échange d'informations

Ce centre d'échange d'informations aura pour principale fonction de fournir en temps réel et dans ses grandes lignes un "état des lieux " sur les principaux domaines de recherche de MOST, de permettre l'accès aux informations et recommandations essentielles des projets MOST et de favoriser la coopération dans le cadre de projets de recherche collectifs.

La création et la mise en œuvre du centre d'échange d'informations de MOST dépend étroitement des nouveaux réseaux électroniques qui permettent d'accéder rapidement et pour un coût raisonnable à des sources d'information dans le monde entier. De nombreux pays en voie de développement manquent encore d'installations électroniques nécessaires, mais des efforts sont entrepris pour les aider à obtenir l'accès aux réseaux pour leurs chercheurs. Le centre d'échange d'informations de MOST aura une structure décentralisée, au sein de laquelle les institutions garderont la gestion de leurs informations au niveau local, plutôt que de les transmettre à un organisme centralisateur. Le centre d'échange d'informations de MOST se présentera à l'utilisateur comme un centre d'informations cohérent, alors qu'en réalité les informations proviendront de sources différentes, situées dans le monde entier.


Un centre d'échange d'informations modèle pour la recherche dans le domaine des villes

Ce projet, qui a démarré récemment avec le Centre de Recherches en Sciences Infométriques du CNRS et le programme de recherches PIR-Villes, associe cinq instituts de recherche qui vont mettre en commun leurs informations scientifiques sur des questions prioritaires dans le domaine de la gestion des transformations sociales dans les villes en pleine croissance, comme par exemple la gestion des flux migratoires multi-ethniques et leur impact sur la santé et les systèmes d'aide sociale.

Le Centre de Recherches en Sciences Infométriques analysera les informations fournies par les instituts associés et contrôlera la mise en place des outils INTERNET dans les différents sites, afin de garder un modèle d'information homogène. En juin 1995, le centre d'échanges d'informations de MOST pour la recherche dans le domaine des villes deviendra accessible au public. Les cinq instituts participant à l'expérience ont été choisis parmi le réseau des PIR-Villes existant dans différentes régions du monde, comme l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie. D'autres instituts seront invités à y participer ultérieurement.


Le Sommet pour le développement social se prépare

Le Secrétariat de MOST et d'autres unités de programme du secteur des sciences humaines et sociales organisent un certain nombre de réunions et symposia internationaux au titre de la contribution de l'Unesco à la préparation du Sommet mondial pour le développement social qui se tiendra à Copenhagen du 6 au 12 mars 1995. Ces activités sont centrées sur les trois thèmes du Sommet social : la lutte contre la pauvreté, l'action en faveur de l'intégration sociale et le développement des emplois productifs.

i) Conférence internationale sur la lutte contre la pauvreté, le chômage et l'exclusion sociale : politiques publiques, participation populaire et développement social (Bologne, Italie, 2 et 3 décembre 1994)

Cette réunion a pour objectif de faciliter l'échange d'informations et d'expériences relatives aux politiques mises en oeuvre dans différents pays ou régions du monde pour tenter d'apporter une solution à diverses formes et processus d'exclusion. Elle est organisée par l'UNESCO, l'Université de Bologne et la Ville de Bologne. Les débats s'organiseront autour de six études de cas commandées par l'UNESCO.

ii) Séminaire international sur la science et la technologie au service du développement social (New Delhi, Inde, 12-14 décembre 1994)

Ce séminaire international, organisé par l'UNESCO et le NISTADS (Institut national indien pour la science, la technologie et les études sur le développement), contribuera à identifier, dans le domaine de la science et de la technologie, les stratégies compatibles avec les objectifs du Sommet social. Ce séminaire s'adresse à des spécialistes de différentes disciplines : sciences naturelles, science et technologie, sciences humaines et sociales. Les débats s'articuleront autour des axes thématiques suivants : révolution technologique et scientifique et renforcement des capacités endogènes ; la deuxième révolution verte et ses conséquences sur la société ; perspectives de décentralisation de l'industrie ; stratégies pour un développement urbain durable ; les défis posés par le développement des ressources humaines ; questions nouvelles dans le domaine de l'éducation et de la formation.

iii) Symposium international sur le développement social durable : les défis adressés aux chercheurs et aux politiques (Copenhague, Danemark, semaine du 6 au 10 mars 1995)

Organisé conjointement par l'UNESCO/MOST, l'Université de Roskilde, l'Institut international d'études sur le travail, l'OMS et l'ORSTOM, ce symposium s'inspirera des conclusions des deux précédentes réunions. Il abordera un grand nombre de questions et problèmes liés aux nouvelles tendances internationales à la mondialisation et leurs effets sur les sociétés et les économies de différents pays ou régions du monde (par exemple les pays en voie de développement, les pays dits "en transition", les pays industrialisés, etc.). Il examinera des questions telles que l'impact social de la restructuration économique dans différentes sociétés ; les perspectives et opportunités offertes par la tendance à la mondialisation ; les transformations en cours et à venir : défis et menaces ; le développement scientifique, technologique et social, avec un éclairage particulier sur l'emploi et l'élimination de la pauvreté ; les aspects sociaux des politiques de santé publique. Cette manifestation durera deux jours, répartis en quatre sessions d'une demi-journée chacune, pendant le Sommet social. Une trentaine de spécialistes de haut niveau et de décideurs sont attendus.


Lettre de MOST :

Directeur :
Ali Kazancigil
Secrétaire exécutif du programme MOST

Rédacteur en chef :
Nadia Auriat
Secrétariat de MOST
Siège de l'UNESCO, Paris
E-mail: n.auriat@unesco.org

Mise en page et impression: Egoprim
Illustrations : Florence Bonjean
Photos : Seteboun - Rapho ; Eric Congo - Sipa Press ; Françoise Huguier - Rapho, (Agence Vu).

Publication trimestrielle en anglais, espagnol et français.

Les groupes de liaison nationaux de MOST et les Commissions nationales pour l'UNESCO sont invités à fournir à la rédaction des informations sur les activités de leur pays dans le cadre de MOST, afin qu'elles soient publiées dans les prochaines éditions de cette Bulletin d'information.

Les ministères, ONG, centres de recherche, universités et autres agences des Nations-Unies travaillant avec le monde de la recherche en sciences sociales ou apportant leur soutien à des projets de recherche pertinents pour l'élaboration des politiques, peuvent envoyer à la rédaction des informations pour diffusion dans cette publication.

Cette publication est adressée aux universités, centres de recherche, agences pour le développement et agences des Nations-Unies dans le monde entier.


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